Fusillade à Bruxelles : Salah Abdeslam reconnu coupable de tentative d’assassinat terroriste

Seul membre encore vivant des commandos djihadistes du 13 Novembre 2015, Salah Abdeslam était jugé pour sa participation à la fusillade survenue avant son arrestation à Bruxelles.

Il est le seul membre encore vivant des commandos djihadistes des attentats du 13 novembre 2015. Salah Abdeslam a été reconnu coupable de tentative d’assassinat à caractère terroriste, ce lundi à Bruxelles, pour sa participation à une fusillade avec des policiers survenue le 15 mars 2016, trois jours avant son arrestation, dans la capitale belge.

Son complice tunisien Sofiane Ayari a également été reconnu coupable des mêmes faits. Le tribunal correctionnel de Bruxelles doit encore prononcer la peine infligée. Vingt ans de prison ont été requis contre les deux prévenus, lors du procès en février. « Leur ancrage dans le radicalisme ne fait aucun doute », a notamment relevé le jugement, dont la lecture se poursuivait peu avant 10 h 30.

Porteur d’une ceinture d’explosifs

Aux yeux de la justice française, Salah Abdeslam, auteur de petits larcins, connu pour être buveur et fêtard, a joué un rôle central dans la préparation des attentats du 13 novembre, les plus meurtriers jamais commis en France (130 morts et des centaines de blessés).

Il aurait ainsi notamment loué des voitures et des planques, ou encore convoyé des membres de la cellule djihadiste à travers l’Europe. Le soir du 13 novembre, lui-même était porteur d’une ceinture d’explosifs qui ne s’est pas déclenchée car elle était défectueuse.

Dans une lettre exhumée par les enquêteurs et qui lui est attribuée, Abdeslam assure qu’il aurait voulu « rejoindre le reste de (ses) frères » et mourir en « chahid » (martyr, NDLR). Ce profil d’islamiste convaincu, le Français de 28 ans élevé dans une famille d’origine marocaine l’a de nouveau montré début février à son procès à Bruxelles. Il a d’emblée contesté avec virulence la légitimité de ses juges, affirmant « placer (sa) confiance en Allah et c’est tout ».

Inculpé en France pour attentats terroristes en avril 2016, un mois après son arrestation à Molenbeek, Salah Abdeslam est resté silencieux pendant près de deux ans. En mars, devant le juge d’instruction, il avait seulement parlé pour dédouaner Ali Oulkadi, un suspect soupçonné de l’avoir aidé dans sa cavale. Il avait toutefois refusé d’évoquer sa propre implication dans les attentats parisiens.

Placé à l’isolement à Fleury-Mérogis

Incarcéré à l’isolement complet à la prison de Fleury-Mérogis près de Paris, où ses convictions religieuses ont pu encore se « renforcer » selon plusieurs sources, il n’avait pas laissé à Molenbeek l’image d’un djihadiste en devenir, pas plus que son frère Brahim qui fut pourtant l’un des kamikazes du 13 novembre.

Un des amis des frères Abdeslam, Jamal, les avait ainsi décrits comme des amateurs de football qui aimaient aller en boîte de nuit. « De gros buveurs, de gros fumeurs, pas des radicalisés », avait résumé Youssef, une autre de leurs connaissances.

Dans son quartier, Salah Abdeslam côtoie Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats de Paris, mort lors d’un raid policier près de la capitale le 18 novembre 2015.

Les « 400 coups » avec Abdelhamid Abaaoud

Ces deux « vrais petits voyous » faisaient « les 400 coups » et étaient « tout le temps ensemble », selon des proches. Ils se retrouvent en détention préventive fin 2010 pour des vols, qui leur vaudront une condamnation à un an de prison avec sursis en février 2011.

En 2015, les voyages de Salah Abdeslam en Europe deviennent incessants : en Grèce début août, puis en Autriche ou encore en Hongrie par où transite le flot des migrants venus de Syrie.

Après son arrestation, il avait minimisé son rôle, racontant aux enquêteurs qu’il « voulait se faire exploser au Stade de France » puis avait fait « machine arrière », selon le procureur de Paris François Molins.

Avec AFP

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