En Bretagne : Le nombre de parents seuls avec enfants explose, il y a une réelle diversité des familles

À cause d’une séparation ou d’un décès, de plus en plus de Bretons vivent seuls avec leur(s) enfant(s). Le nombre de familles monoparentales s’est même envolé de 55 % entre 1999 et 2014, selon une étude de l’Insee publiée ce jeudi. Et les hommes sont davantage concernés qu’avant.

Comment devient-on un parent vivant seul avec son ou ses enfant(s) ?

En France, en 2011, dans 81 % des cas, les familles monoparentales avaient pour origine une séparation, rappelle l’étude de l’Insee publiée ce jeudi. 13 % de ces situations familiales sont dues à la naissance d’un enfant chez une personne seule et 5 % au décès d’un des deux parents. Selon Ludivine Neveu, auteure de l’étude, il n’y a « pas de raison qu’une région se distingue » de ces chiffres nationaux. La Bretagne suivrait donc cette tendance avec ses 83 500 familles à un seul parent recensées en 2014. À noter qu’on devient famille monoparentale mais qu’on ne le reste pas forcément : « D’après les dernières études disponibles, environ 230 000 parents isolés ont quitté la monoparentalité en France en 2010, soit 14 % du nombre total de familles monoparentales », signale Ludivine Neveu.

La monoparentalité moins fréquente en Bretagne mais progresse plus vite

C’est un constat et l’Insee n’a pas d’explication sur ce phénomène : « A l’image des autres régions de l’Ouest de la France, la monoparentalité s’avère un peu moins fréquente en Bretagne (20 %) qu’au niveau national », note Ludivine Neveu. En revanche, le nombre de familles monoparentales a explosé en Bretagne entre 1999 et 2014. Une tendance à la hausse qui n’est pas neuve : dans une précédente étude, l’Insee expliquait que « depuis les années 1960, la part des familles monoparentales ne cesse de grandir du fait de la fragilité accrue des unions parentales ». Avec une progression de + 55 % sur 15 ans, la Bretagne dépasse largement la moyenne française qui est de + 46 %. « Il y a un effet rattrapage en Bretagne dû à l’uniformisation de la société française », estime Ludivine Neveu.

De plus en plus d’hommes concernés

Entre 1999 et 2014, le nombre de pères vivant seuls avec son ou ses enfant(s) a plus que doublé, passant de 7 300 à 15 800 en Bretagne. L’une des raisons ? La Loi, et notamment celle du 4 mars 2002, qui « favorise le développement des résidences alternées pour les enfants de couples séparés ». Plus d’hommes obtiennent cette garde alternée et sont comptabilisés comme famille monoparentale lors du recensement (*).

Le cliché de la femme seule avec ses enfants et peu rémunérée

Certes, les femmes bretonnes sont à la tête de 81 % des familles monoparentales bretonnes. Certes, les employées sont surreprésentées et leurs revenus globalement moins importants que dans des familles à deux parents. Néanmoins, selon Ludivine Neveu, cette « image de la famille monoparentale véhiculée dans la société (…), sans nier ses réalités, (est) un stéréotype ». L’étude révèle en effet qu’en « 2014, 37 % des familles monoparentales de la région connaissent des conditions de vie s’approchant davantage que les autres de celles des couples avec enfant(s) » : Dans ce groupe des 37 %, les propriétaires de maison sont légion et vivent pour beaucoup dans les couronnes des grands pôles urbains. Ils sont presque pour moitié cadres ou « professions intermédiaires » et diplômés de l’enseignement supérieur.

* Dans le cadre d’une famille où père et mère obtiennent la garde partagée à 50 %, l’Insee identifie le domicile de l’enfant comme celui où se déroule le premier jour du recensement. Ceci afin d’éviter des doubles comptages.

© Le Télégramme 

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