ALFIE EVANS, le bébé dans un état-végétatif est décédé

Alfie Evans, le bébé britannique en état semi-végétatif dont les parents s’étaient opposés à l’arrêt des soins contre l’avis des médecins, est mort samedi a annoncé sa famille.

«Notre bébé a déployé ses ailes cette nuit à 2H30. Nous avons le coeur brisé. Merci à tous pour votre soutien», ont écrit sur Facebook le père et la mère d’Alfie, décédé à 23 mois. La justice britannique avait rejeté plusieurs recours visant à une poursuite du traitement en Italie, où le pape François avait apporté son soutien aux parents.

DES RECOURS REJETÉS

La justice britannique avait rejeté mercredi un nouveau recours des parents du petit Alfie, qui demandaient de pouvoir transférer en Italie leur bébé dans un état semi-végétatif et dont les médecins britanniques avaient décidé l’arrêt du traitement.

Les appels introduits séparément par le père et la mère du bébé de 23 mois, qui bénéficiaient du soutien du pape François et du gouvernement italien, «doivent être rejetés», avait déclaré le juge Andrew McFarlane, de la Haute Cour de Londres, confirmant une décision prise la veille par la Haute cour de Manchester. «C’est affreux pour toutes les personnes concernées», avait-il ajouté.

L’audience de mercredi constituait une nouvelle étape d’une longue bataille judiciaire opposant les parents du bébé à l’équipe médicale de l’hôpital pour enfants Alder Hey à Liverpool, dans le nord-ouest de l’Angleterre, où il est hospitalisé depuis décembre 2016.

AUCUN TRAITEMENT

Selon cet établissement, l’enfant, né le 9 mai 2016, est atteint d’une pathologie neurodégénérative rare et pour laquelle il n’existe pas de traitement. Ces médecins estimaient qu’il était dans son intérêt de ne pas poursuivre les soins.

Paul Diamond, l’avocat de Tom Evans, le père d’Alfie, avait indiqué durant l’audience que les parents ne recherchaient pas «un traitement miracle en Italie», mais «simplement les soins palliatifs nécessaires». Lundi soir, l’assistance respiratoire avait été retirée à Alfie, avant d’être réinstallée vingt heures plus tard. Ce qui selon son père prouvait qu’il pouvait respirer seul et que son état de santé était «significativement meilleur» qu’évalué.

Mardi, Paul Diamond, membre du Christian Legal Centre, un groupe qui vise à «protéger la liberté des chrétiens de vivre selon leurs croyances», avait demandé au juge de revoir sa position et de permettre aux parents d’emmener leur fils en Italie où des hôpitaux avaient proposé de l’accueillir.

La requête avait été rejetée par le juge Anthony Hayden de la Haute cour de Manchester, dans le nord-ouest de l’Angleterre, qui avait estimé que le dossier d’Alfie avait atteint son «chapitre final», malgré les soins prodigués à l’enfant.

Le juge avait seulement autorisé le placement du petit garçon dans un autre service hospitalier, dans un hospice ou son retour au domicile de ses parents. Mais ces derniers avaient décidé de faire une nouvelle fois appel, cette fois devant la Haute Cour de Londres.

La Haute Cour, la Cour d’appel et la Cour suprême britanniques ont à chaque fois statué en faveur de l’équipe médicale. La Cour européenne des droits de l’homme avait également rejeté la requête des parents.

LOURDES QUESTIONS ÉTHIQUES

«Alfie est bien sûr très vulnérable maintenant et tout le monde est bouleversé», avait déclaré à l’AFP Andrea Williams, directrice du Christian Legal Center, qui a soutenu l’appel. «Ses parents sont d’une grande ténacité et croient passionnément en la vie et dans le fait de donner à Alfie la chance de vivre avec les soins appropriés le plus longtemps possible».

Au-delà de l’aspect médical, le cas du petit Alfie posait de lourdes questions éthiques, comme, en France, l’affaire Vincent Lambert, ou au Royaume-Uni, l’affaire Charlie Gard, un petit garçon atteint d’une maladie génétique rare, décédé en juillet 2017.

Egalement au Royaume-Uni, les parents du petit Ashya King ont défié en 2004 les médecins en enlevant d’un hôpital leur enfant atteint d’un cancer, et ils l’ont emmené à Prague pour qu’il y reçoive un traitement aux protons. Le petit garçon est actuellement âgé de 8 ans et il a été déclaré guéri.

Le cas d’Alfie a provoqué de nombreuses réactions, notamment dans les cercles religieux. Le pape François lui-même a manifesté à plusieurs reprises son soutien à ses parents. «Emu par les prières et l’immense solidarité qui sont témoignées au petit Alfie Evans, je renouvelle mon appel à ce que les souffrances des parents soient entendues et que leur désir de chercher de nouvelles formes de traitement soit exaucé», avait écrit le pape lundi sur Twitter.

A Rome, la directrice de l’hôpital pour enfants Bambino Gesù avait annoncé qu’un avion médicalisé fourni par le ministère italien de la Défense était prêt à décoller d’Italie pour aller chercher l’enfant, qui s’est vu attribuer la nationalité italienne. L’hôpital Gaslini à Gênes s’était également dit prêt à l’accueillir.

«Il pourrait déjà être en Italie à l’heure qu’il est», avait regretté mardi Tom Evans, ajoutant : «je n’abandonne pas car Alfie respire, il ne souffre pas».

L’avocat Paul Diamond avait déclaré aux juges mercredi qu’un avion devait quitter l’Italie dans la soirée pour pouvoir emmener Alfie dans ce pays si la justice britannique autorisait son départ.

Des dizaines de personnes avaient continué à manifester comme les jours précédents devant l’hôpital Alder Hay de Liverpool pour exprimer leur soutien à Alfie et à ses parents.

La direction de l’hôpital avait publié un communiqué déplorant que le personnel soit soumis à une forte pression. «En tant qu’organisation, nous avons subi des attaques portant sur notre motivation, sur notre professionnalisme et sur notre éthique», déclarait le communiqué signé par le président de l’établissement, David Henshaw, et par sa directrice, Louise Shepherd.

Avec AFP

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