Il violait des femmes rencontrées sur internet: 18 ans de réclusion

Un homme, condamné en première instance à 13 ans de réclusion criminelle pour des viols ou agressions sexuelles de 11 femmes rencontrées via internet, a écopé jeudi en appel d’une peine de 18 ans de réclusion.

Willy Désir, 35 ans, a été reconnu coupable de neuf viols -dont deux sur des femmes enceintes parmi lesquelles une ex-compagne-, une tentative de viol et une agression sexuelle. Des faits commis avec la circonstance aggravante des rencontres en ligne.

La cour d’assises des Hauts-de-Seine, qui s’est prononcée après plus de cinq heures de délibéré, a assorti sa peine d’une injonction de soins et de 10 ans de suivi socio-judiciaire, comprenant l’obligation de travailler ou de se former, de réparer les dommages causés aux victimes, et l’interdiction d’entrer en contact avec ces dernières. L’accusé encourt cinq ans d’emprisonnement s’il ne respecte pas ce suivi.

Après plus de quatre ans passés en détention provisoire, il sera également inscrit au fichier automatisé des auteurs d’infractions sexuelles.

La cour a suivi le ministère public qui avait requis une peine de 18 à 20 ans de réclusion. Mais l’accusation avait demandé 20 ans de suivi socio-judiciaire et sept ans de prison si ce suivi n’était pas respecté.

Pour expliquer sa sévérité, l’avocat général avait argué de la “multiplicité des faits” commis et du “risque très majeur de récidive”.

“C’est pas un lieu de mise à mort, la cour d’assises, c’est un lieu de réintégration”, avait plaidé Fabien Arakelian, avocat de la défense. Il avait aussi appelé les jurés à saisir la main tendue par Willy Désir qui a reconnu mercredi, au troisième jour de son procès, les viols de cinq jeunes femmes, dont quatre étaient parties civiles.

“La peine qui est prononcée est très importante et ne correspond pas selon moi à ce qui aurait dû être prononcé. Je vais discuter avec mon client”, a-t-il réagi après le verdict, évoquant l’éventualité d’un pourvoi en cassation.

– “Prisonnier de son histoire” –

Brossant un portrait de l’accusé dans ses réquisitions, l’avocat général Jacques Cholet avait indiqué plus tôt que celui-ci avait certes eu “un parcours personnel extrêmement difficile”, mais “ce n’est pas quelqu’un de frustré, de (physiquement) défavorisé par la nature. Il peut facilement assouvir ses désirs sans commettre des actes contraires à la loi”, avait-il estimé.

Pendant l’instruction, l’accusé au crâne rasé et au physique athlétique avait confié avoir besoin d’au moins “un rapport sexuel par jour”.

Mais les experts psychiatres et psychologues ont aussi décrit un homme à la “personnalité instable”, à la “fragilité narcissique”, affectivement immature, colérique, jaloux et possessif.

Rejeté par sa mère dès sa naissance, sans père, l’accusé, “prisonnier de son histoire”, a reconnu avoir cherché “à faire payer à toutes les femmes le mal que (sa) mère (lui) avait fait”, avait rappelé plus tôt la présidente Sophie Clément.

Contre toute attente et après cinq ans de dénégations, cet ancien militaire originaire de Martinique a avoué mercredi avoir violé cinq des victimes, tout en maintenant que toutes les autres avaient menti.

Des aveux “assez insatisfaisants” au goût de Delphine Lamandon, conseil de deux des parties civiles. “Même quand il avoue, il se pose un petit peu en victime. Tant qu’il aura ce mécanisme de défense”, les victimes pourront être “inquiètes pour (sa) sortie de prison”, avait-elle plaidé.

Durant le procès, toutes les jeunes femmes appelées à la barre ont décrit un même mode opératoire: une approche insistante de cet homme rencontré sur un site, les menaces, parfois les coups quand elles se refusaient à lui, et puis la contrainte et la sidération devant un homme violent qui leur imposait une ou plusieurs pénétrations, sans affect ni préservatif. Avant, étrangement, de s’excuser en les raccompagnant chez elles.

Avant que la cour ne se retire pour délibérer, l’accusé avait demandé une dernière fois “pardon d’avoir menti à tout le monde” en regardant les parties civiles. “J’avais honte, j’étais pas prêt à le reconnaître. J’ai vu tout le mal que ça vous a fait.”

Avec AFP

Laisser un commentaire