Bébé martyr : 20 ans de réclusion pour le père d’Ambre

La mère du nourrisson, mort à 46 jours sous les coups de son père en 2015 à Saint-Omer, a été, elle, condamnée à trois ans ferme ce vendredi soir et incarcérée.

Lui y reste, elle y retourne. Les parents d’Ambre, jugés depuis mercredi devant la cour d’assises du Pas-de-Calais à Saint-Omer pour la mort de leur bébé de 46 jours qui avait succombé à un mois de terribles maltraitances, sont tous les deux derrière les barreaux ce vendredi soir.

Détenu depuis mai 2015, le père, Alexandre D., 28 ans, a été condamné à 20 ans de réclusion, reconnu coupable de violences volontaires sur mineure de 15 ans ayant entraîné la mort sans l’intention de la donner. La cour a écarté les actes de torture et de barbarie pour lesquels l’accusé était jugé. Cet homme au profil fragile, chez qui l’expert-psychiatrique avait décelé une altération du discernement, voit sa peine assortie d’un suivi socio-judiciaire de sept ans.

La mère, Laura H., 23 ans, comparaissait libre. La cour l’a reconnue coupable de privation de soins et de non-empêchement de crime, la condamnant à 5 ans de prison dont 2 avec sursis. La jeune femme, redevenue maman avec un autre homme depuis, a donc été incarcérée à l’issue du procès.

« Le silence de la mère l’a achevée »

La petite Ambre était morte le 21 mai 2015 après un long calvaire. L’autopsie avait conclu que son décès était la conséquence directe d’un œdème cérébral et d’un hématome sous-dural. « Son corps n’était que fractures », avait résumé la juge d’instruction dans un constat effroyable. Le père d’Ambre, qui a de nouveau reconnu sa responsabilité au cours du procès, avait avoué pendant l’enquête avoir souvent secoué et saisi brutalement le nouveau-né pour le faire taire quand il pleurait. « Secoué comme un prunier », avait souligné un expert-médecin lors de la reconstitution de ces actes de maltraitances.

La mère, reconnue victime de violences conjugales, s’est malgré tout vue reprocher sa passivité et son silence, comportement qu’elle avait expliqué par son amour et/ou sa peur de son compagnon.

« Ce verdict honore la justice. Il tient compte de l’état de santé mentale de l’accusé et a eu le courage de demander à cette mère d’assumer sa part de responsabilité. Car si les violences du père ont tué Ambre, le silence de la mère l’a achevée », réagit Me Jean-Christophe Boyer, avocat de l’association Enfant Bleu Nord qui était partie civile à ce procès.

« Nous étions présents pour représenter l’enfant, ajoute Me Boyer. Mais aussi pour évaluer les mesures et les propositions concrètes dans l’espoir d’améliorer la chaîne de protection de l’enfance, et éviter que de tels drames ne se reproduisent. »

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