Aujourd’hui, le kidnapping légal est autorisé ! Un père privé de son fils veut changer la loi

Loïc Reynal souhaite une loi «favorable à l'intérêt de l'enfant»./ Photo DDM, Xavier de Fenoyl

Un père de famille dénonce l’éloignement géographique de son ex-compagne, mère de son petit garçon. Il a lancé une pétition «Défendons l’égalité papas/mamans» pour faire changer la loi.

«Aujourd’hui, le kidnapping légal est autorisé !» Loïc Reynal est un père en colère. Depuis un an, ce chef d’entreprise toulousain multiplie les déplacements à Paris. C’est là que son ancienne compagne est partie vivre, emmenant leur fils de deux ans et demi. «Elle m’a prévenue quinze jours avant de déménager», déplore le jeune papa. Une fois par mois, il se rend donc dans la capitale pour aller chercher son enfant et le ramener à Toulouse. «Nous avons trouvé un accord : je m’occupe de lui une semaine par mois.» Une solution des plus contraignantes qui a un coût sur le plan moral, mais aussi sur le plan financier. Depuis septembre 2017, Loïc estime avoir dépensé plus de 10 000 euros en frais de transport et de logement. «C’est un chantage financier : si je ne paye pas, je ne vois pas mon enfant. C’est épuisant. Moi j’ai quitté la maman, pas mon fils. On peut être séparé, mais cette distance est intolérable», soupire le quadragénaire. Et d’évoquer la fatigue provoquée par les trajets à répétition et les séquelles de l’éloignement. «En grandissant, la souffrance s’accentue, mon fils prend conscience que son papa n’est pas là. Cette sensation de vide n’existerait pas sans la distance.»

Loïc dénonce l’absence de législation à ce sujet. Il y a une dizaine de jours, il a lancé une pétition sur Change.org pour interdire l’éloignement géographique de l’un des parents via un amendement. Elle a été signée par plus de 260 personnes. «Lorsque l’un des parents n’a pas pris conscience de l’importance de la garde alternée et ne souhaite pas d’arrangement, il faut que la loi lui rappelle l’intérêt supérieur de l’enfant», juge-t-il. Et de mentionner ces parents qui «ont laissé tomber» en raison de la distance et sont donc privés de leur progéniture.

Avant d’en arriver au tribunal, Loïc aimerait acter dans la loi l’idée d’un accord notarié pour «imposer cette prise de conscience». «Si ce préalable n’est pas respecté, cela pourrait faire l’objet d’une médiation, et si aucun accord n’est trouvé, la justice pourrait alors intervenir.» Loïc Reynal n’est membre d’aucune association, mais indique être suivi de près par les parlementaires et notamment par Philippe Latombe. Ce député a déposé une proposition de loi pour imposer la résidence alternée comme principe de base en cas de séparation des parents. En attendant une évolution législative, Loïc a pris sa décision : il déménagera à Paris dans les prochains mois afin de se rapprocher de son fils. «Je le ferai dès que je le pourrai, malgré tous les sacrifices que cela implique : tous mes clients et de nombreux membres de ma famille vivent à Toulouse.»


Repères

Le chiffre : 260

signatures > recueillies. Lancée il y a une dizaine de jours, 260 personnes ont déjà signé la pétition de Loïc Reynal sur le site Change.org.

Avec La DPM 

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