Société / Emploi : Les assistants familiaux très recherché dans l’allier

Le Département de l’Allier doit recruter une trentaine d’assistants familiaux d’ici la fin de l’année,  pour éviter une éventuelle pénurie de familles d’accueil. Un métier encore méconnu.

Sur les 1.129 enfants actuellement confiés au Conseil départemental de l’Allier, 690 sont accueillis chez les 343 assistants familiaux employés par le département, dont 73 % ont plus de 50 ans. 25 % ont même plus de 60 ans. Pour anticiper ces prochains départs à la retraite, le Département veut recruter une trentaine d’assistants familiaux.

« L’objectif est d’éviter toute rupture dans l’accueil des enfants et une éventuelle pénurie de familles d’accueil, qui serait dramatique pour des enfants en quête de repères », souligne le président du Conseil départemental, Claude Riboulet.
L’enjeu n’est pas seulement de stabiliser les effectifs, mais aussi de les augmenter. Car les besoins ont tendance à croître. «C’est pourquoi nous recherchons des hommes et des femmes en mesure de s’engager pleinement avec leur famille, pour garantir à chaque enfant le meilleur équilibre personnel ».

Une cinquantaine d’enfants en attente d’une famille d’accueil dans le Puy-de-Dôme (2017)

Conséquence : les assistants familiaux accueillent en moyenne au moins deux enfants. « Cela s’explique par la précarité de la situation des parents, mais aussi par des repérages de dangers qu’encourent les enfants mieux opérés », commentent Marilyn Labrousse, responsable Pôle enfance/famille et Marguerite de Ferrier, chef du service. « Dans les hôpitaux, par exemple, les professionnels sont davantage formés à ces questions. Depuis la loi du 19 mars 2016 relative à la protection de l’enfant, le lien parent enfant n’est plus au-dessus de la sécurité de l’enfant ».

Le métier s’est professionnalisé

Cette profession a longtemps été exercée majoritairement par des femmes d’agriculteurs, qui trouvaient là une ressource complémentaire. Elle est aujourd’hui mixte, est parfois exercée en couple. Le métier s’est professionnalisé, avec un diplôme d’État, distinct, depuis la loi de juin 2005, de celui d’assistant maternel. 60 heures de formation sont obligatoires avant le premier accueil. Et un agrément du Conseil départemental est obligatoire pour pouvoir l’exercer.

Être assistant familial, c’est accueillir à son domicile, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, toute l’année, de 1 à 3 enfants, de 0 à 18 ans (parfois jusqu’à 21 ans), ne pouvant pas vivre dans leur famille pour une période variable.

L’Allier a fait partie des départements précurseurs, en mettant en place des formations avec l’IIRFSS Auvergne (*) dès 2007. Il s’est aussi spécialisé dans la prise en charge des bébés nés sous X, et surtout dans l’accueil relais : quand une situation devient conflictuelle entre un enfant et un assistant familial, le jeune peut être accueilli temporairement chez un autre professionnel, pour éviter une rupture trop brutale. Dans l’Allier, un seul assistant familial a moins de 30 ans : rien d’étonnant, car « ce métier nécessite une certaine maturité ».

Les assistants familiaux dans l’Allier en chiffres.

53,5 ans, c’est la moyenne d’âge des 343 assistants familiaux actuellement employés par le département dans l’Allier.
73 % des assistants familiaux ont plus de 50 ans. Et 25 % ont plus de 60 ans.
8 %, c’est la proportion des hommes. Seulement 28 hommes, pour 318 femmes.
20,1 millions, le budget 2017 du Conseil départemental de l’Allier pour l’accueil familial et 15,8 millions d’euros pour l’accueil en établissements.
1.129, c’est le nombre d’enfants confiés au département de l’Allier. 913 par décision judiciaire (80 %) et 216 par décision administrative (20 %). 690 enfants (61 %) sont accueillis chez des assistants familiaux du département. 201 assistants sont titulaires du diplôme d’État. Deux assistants familiaux ont aussi obtenu une validation partielle.

Source La Montagne 

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