SARCELLES : Jugée pour le rapt d’un bébé à Sarcelles

L’accusée s’était faufilée dans une maternité de Sarcelles en 2013 et y avait enlevé un nouveau-né.

La petite fille née quatre jours plus tôt avait été retrouvée moins d’une heure après son enlèvement, pour le plus grand soulagement de ses parents. La ravisseuse, aujourd’hui âgée de 33 ans, comparait devant la cour d’assises du Val-d’Oise à partir de ce mercredi matin.

Elle doit répondre, au cours des trois jours du procès, d’enlèvement et séquestration de mineur, mais aussi d’administration de substance nuisible, pour avoir drogué la maman qui venait d’accoucher. Des faits commis avec préméditation selon l’accusation.

Le rapt remonte au 18 novembre 2013. Vers 20 heures, Isabelle D. passe inaperçue en arpentant les couloirs du service de maternité de l’hôpital privé nord parisien, à Sarcelles. Vêtue d’une blouse d’infirmière, elle pousse la porte d’une première chambre occupée par une femme qui n’a pas encore accouché et fait demi-tour.

La fausse infirmière joue son rôle à la perfection

Elle ouvre la porte d’une seconde et trouve une maman qui vient de donner naissance à son troisième enfant. La fausse infirmière joue alors son rôle à la perfection. Elle explique qu’elle va donner des soins au nourrisson et en profite pour administrer quatre comprimés de somnifère à la jeune mère de famille. Puis elle quitte la chambre, le bébé dans les bras, en prétextant devoir se rendre au chevet d’une autre accouchée.

Une demi-heure plus tard, inquiète de ne pas voir revenir son bébé, la maman, pourtant sonnée par les médicaments, alerte le personnel de l’hôpital. Il est 20 h 30, la direction comprend très vite qu’il s’agit d’un enlèvement, prévient la police qui déploie deux équipages de la Bac.

Une femme qui ressentait un besoin impérieux de maternité

C’est alors qu’un appel téléphonique parvient aux pompiers. La ravisseuse a composé le 18 depuis la gare de Garges-Sarcelles et explique qu’elle vient d’accoucher. L’opérateur comprend à ses propos hésitants qu’il y a un problème et alerte la police. L’un des équipages de la BAC retrouve la jeune femme, le nourrisson dans une poussette. Il est 21 heures, la ravisseuse, originaire de Garges est interpellée et le nouveau-né, de sexe féminin, remis à ses parents, saine et sauve.

L’expert psychiatre qui a examiné l’accusée au cours de l’instruction a estimé qu’elle était responsable de ses actes. Il a toutefois indiqué que son discernement était altéré. « Elle regrette profondément » souligne l’avocat de l’accusée, Me Frédéric Zajac, qui souligne l’existence très difficile de la jeune femme, pouvant expliquer son geste. « Elle a été élevée par son beau-père qui l’a violée et qui lui a imposé un mariage forcé au Pakistan alors qu’elle avait juste 18 ans ».

Il évoque aussi une femme qui ressentait un besoin impérieux de maternité et qui avait assuré depuis des mois à tout son entourage qu’elle était enceinte. Mercredi, l’accusée aura en face d’elle, sur le banc des parties civiles, les parents de la petite fille, toujours traumatisés cinq ans après les faits.

Avec le Parisien 

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