Fille au pair tuée : aux obsèques de Sophie Lionnet, fleurs et émotion

Les obsèques de Sophie Lionnet, la jeune fille au pair tuée par ses employeurs à Londres et dont le corps a été rapatrié en France la semaine dernière, ont eu lieu ce mercredi à Sens.

Fleur blanche à la main, quelque 150 personnes étaient rassemblées ce mercredi après-midi, dans la cathédrale de Sens, à 100 kilomètres au sud-est de Paris, pour les obsèques de Sophie Lionnet, une jeune fille au pair de 21 ans tuée par ses employeurs à Londres.

“Tous les jours nous pensions à toi, aujourd’hui tu rentres, malheureusement pas comme nous l’avions pensé”, a dit sa mère, Catherine Devallonné. “Aujourd’hui, je perds un enfant, que j’aime et que j’adore”.

“Ne prenez pas mon silence pour de l’ignorance”

Un ancien camarade de classe décrit “la personne la plus gentille et la plus douce”. Un professeur de lettres parle de sa “meilleure super élève”, une fille “introvertie, sage, silencieuse” mais qui avait su “créer la surprise” et se révéler lors d’une pièce de théâtre ou d’un voyage à Amsterdam.

Puis les mots de la jeune fille de 21 ans ont résonné dans la cathédrale. Un texte retrouvé et lu par sa mère. “Ne prenez pas mon silence pour de l’ignorance, mon calme pour de l’acceptation ou ma gentillesse pour de la faiblesse”.

La mère de Sophie Lionnet, Catherine Devallonné, réconfortée par le prêtre à la sortie de la cérémonie. Photo Bertrand GUAY/AFP

La mère de Sophie Lionnet, Catherine Devallonné, réconfortée par le prêtre à la sortie de la cérémonie. Photo Bertrand GUAY/AFP

Sur le parvis de la cathédrale de Sens, le cercueil est arrivé vers 14H00 GMT, peu avant le début de la cérémonie.

Le cercueil de Sophie Lionnet est porté à l'extérieur de l'église après la cérémonie. Photo Bertrand GUAY/AFP

Le cercueil de Sophie Lionnet est porté à l’extérieur de l’église après la cérémonie. Photo Bertrand GUAY/AFP

“Il fallait que je sois là, pour les soutenir. La famille est soudée”, a déclaré avant la cérémonie Lucie Vandensteen, 34 ans, une cousine de la maman de Sophie Lionnet. “On voyait (Sophie) une ou deux fois par an. Quand elle a dit qu’elle voulait aller en Angleterre, j’avais trouvé ça génial”.

“On ne saura jamais ce qui s’est passé. Mais maintenant il faut que justice soit faite”, ajoute-t-elle, disant espérer une peine maximale pour les meurtriers de sa petite cousine.

“On vit un cauchemar. On a toujours été très proches avec mon frère”, raconte un peu plus loin l’oncle paternel de la jeune fille, Gérard Lionnet, 57 ans.

LA FILLE AU PAIR A VÉCU UN VÉRITABLE CAUCHEMAR

Le cadavre calciné de Sophie Lionnet avait été retrouvé le 20 septembre 2017 dans le jardin d’une propriété du sud-ouest de la capitale britannique, présentant de multiples fractures, aux côtes, au sternum ou à la mâchoire.

Mais en raison de l’état du corps, la cause exacte de la mort n’a pas pu être déterminée.

Ses employeurs ont été reconnus coupables

Ses employeurs, Ouissem Medouni, 40 ans, et Sabrina Kouider, 35 ans, deux Français, avaient été arrêtés dans la foulée, puis jugés à partir du 19 mars devant la cour criminelle de l’Old Bailey à Londres.

Tous deux plaidaient non coupable de l’accusation de meurtre, évoquant un accident et rejetant chacun la responsabilité sur l’autre. Ils avaient reconnu avoir tenté de brûler le corps. Le 24 mai, ils ont été reconnus coupables du meurtre de la jeune Française mais ne connaîtront leurs peines que le 26 juin.

La jeune fille s’occupait des fils de Sabrina Kouider, âgés de 8 et 4 ans. Arrivée à Londres en janvier 2016, elle n’avait jamais pu rentrer en France et vivait sous l’emprise de ses employeurs, qui lui donnaient peu à manger, ne la payaient quasiment pas et la battaient, selon des voisins.

Nourrissant le fantasme que Sophie Lionnet faisait partie d’un complot visant à droguer et abuser sexuellement des membres de leur famille, le couple avait fait subir à la jeune fille des interrogatoires musclés. C’est au cours de l’un d’eux qu’elle aurait été torturée et battue avant d’être tuée.

Avec AFP

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