Témoignage : Ses parents ont essayé de lui trouver un « bon mari » , du bonheur à l’illusion

Un témoignage de Maya, 21 ans, étudiante à Paris (*).

Il y a un quelque mois, je me suis rendu compte que j’avais toujours vécu dans une illusion de bonheur. C’est vrai qu’au fond, je ne suis pas à plaindre.

Étudiante avec un parcours scolaire sans faute, je n’ai jamais travaillé par nécessité comme de nombreux étudiants, mais par plaisir. J’ai ainsi été chargée de communication dans une super association.

Mes parents sont commerçants et subviennent à mes besoins. A tous mes besoins. Un MacBook, l’iPhone 7, ma dernier folie : une bague Mauboussin. L’occasion ? Parce que j’en avais tout simplement envie. Bref, je suis censée être heureuse.

C’est ce qu’on m’a toujours dit. Même mes amies : « Tu as de la chance, tes parents te payent tout, même le permis. » Un jour, quand j’étais petite, j’ai même entendu : « Tes parents sont trop sympas ! Si on échangeait ? »

Vous avez envie de raconter votre histoire? Un événement de votre vie vous a fait voir les choses différemment? Vous voulez briser un tabou? Vous pouvez envoyer votre témoignage à temoin@radiocapitole.fr et consulter tous les témoignages que nous avons publiés.

Choisir mon futur mari dans un catalogue

Pendant 21 ans, j’étais dans une illusion de bonheur. Je n’avais aucun souci à me faire, juste à étudier et avoir un master.

Lorsque vous vous réveillez, je peux vous assurer que c’est violent, très violent.

Je me suis ainsi rendu compte que si l’on me donnait tout cela, c’était pour me prendre ma vie. En 2016, n’est-on pas censé avoir le choix de son futur compagnon ? Visiblement non. J’ai récemment compris que mes parents allaient faire une « présélection » et que je n’aurai moi qu’à choisir. Comme dans un catalogue. Sympa non ?

Un beau matin, on m’a tout simplement présenté une photo d’un mec (horrible physiquement, “mais” ingénieur) et on m’a demandé ce que j’en pensais. On m’a dit que c’était une demande de mariage. Sous le choc, je n’ai rien répondu. Je suis allée en cours. J’ai ensuite passé ma soirée dans mon lit, perdue, sous le choc. C’est à ce moment que j’ai réalisé que j’étais condamnée.

Même si mes parents se sont calmés (j’ai arrêté de leur parler pendant plusieurs mois suite à ça !), je vois déjà ma vie avec un ingénieur ou médecin à la con dans une grosse maison avec une belle voiture. Divorcer ensuite ? Ce serait déshonorer toute la famille.

Beaucoup trop de tabous entre mes parents et moi

Du coup j’ai décidé de me venger, cela fait plusieurs mois que j’entretiens une relation (à l’insu de mes parents) avec mon ancien prof de lycée. Nous nous sommes recroisés par hasard, avons échangé nos numéros, puis des sms. Et maintenant, cette aventure. Cet homme m’apaise, me rassure et surtout : il m’aime.

Pour moi, cette relation est une façon de me venger. Beaucoup de personnes dans mon entourage restent mariées pour leurs parents, pour l’honneur de famille. Je ne veux surtout pas leur ressembler.

Je suis capable et désireuse de me mesurer à tout… sauf à mes parents. A chaque fois que je les vois, je mens. Ce secret me hante, mais je n’ai pas la force de leur en parler. Beaucoup trop tabou. Beaucoup trop difficile d’en sortir.

Comment leur dire que je sors avec un mec qui a dix ans de plus que moi ? Papa, maman, je considère aujourd’hui chaque euro venant de vous ou l’héritage que j’hériterai de vous comme dommages et intérêts de mon actuelle et future souffrance.

Aujourd’hui, je ne cherche que le bonheur. Pas l’illusion, mais le véritable bonheur.

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire