Martyre de l’A10 : les parents s’accusent mutuellement

Le 11 août 1987, le corps atrocement mutilé d’une fillette avait été retrouvé dans un fossé, en bordure de l’autoroute A10, dans le Loir-et-Cher, par des agents d’entretien. Pendant 30 ans, la victime n’a jamais pu être identifiée.

Fin 2017, un homme a été interpellé dans une affaire banale. Son ADN a été prélevée et confrontée à la base des empreintes génétiques inconnues.

Et une correspondance a été établie : il s’agit du frère de celle que l’on surnomme la “martyre de l’A10”.

L’enfant, troisième d’une fratrie de sept enfants, s’appelle Inass T.

Elle est née en juillet 1983 à Casablanca, au Maroc, où elle a vécu pendant 18 mois avec sa grand-mère maternelle. Elle a ensuite rejoint ses parents en région parisienne, à Puteaux, fin 1985.

Elle a été inscrite en maternelle mais jamais scolarisée. Elle était déclaré à la CAF.

Les parents, séparés depuis 2010, ont été retrouvés. Le père, Ahmed Touloub, 66 ans, et la mère, Halima, 64 ans, ont été interpellés. Placés en garde à vue, chacun s’accuse mutuellement du meurtre.

L’homme explique que sa femme était violente avec lui et avec les 3 filles. Il raconte avoir trouvé la fillette morte en rentrant à son domicile le 10 août 1987.

Il déclare avoir été “suffisamment lâche pour ne pas faire autre chose que de partir vers le Maroc”, abandonnant le corps enmailloté sur la route “au petit matin”, alors que ses autres enfants se trouvaient dans la voiture.

La mère, de l’autre côté, a eu une autre version. Dans un premier temps, elle expliquait « ne plus avoir de souvenir, que sa fille n’était pas décédée. »

Puis, elle a raconté qu’elle était elle-même victime de violences de la part de son époux, qu’elle pouvait être violente à l’égard d’Inass mais qu’elle n’était pas impliquée dans la mort de cette dernière.

Le père a été écroué, la mère était encore entendue par le juge de la liberté et de la détention ce jeudi soir.

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