TOULOUSE : Les parents indignes devant les assises pour leur fillette de 3 ans décédée sous les coups et la torture

«J’étais sous une emprise, une manipulation, je ne me rendais pas compte de ce qu’il se passait», répète maintes et maintes fois, Elyna Bani, accusée d’avoir provoqué la mort de sa fille, Teeyah, 3 ans. Hier, reprise du procès des parents de la fillette, morte à la suite de maltraitances. La mère accuse son ex-compagnon, Isaac N’Togué, d’avoir provoqué l’hématome sous-dural à l’origine de la mort de l’enfant dont il n’est d’ailleurs pas le père biologique même s’il l’avait reconnue.

Une «douche bouillante»

«Vous avez dit qu’en dehors de vous et de M. N’Togué, il était rare qu’une autre personne s’occupe de votre fille. Les violences ne peuvent donc venir que de l’un de vous deux», questionne le président, Michel Huyette. «C’était lui», affirme-t-elle.

Pourquoi ? Selon elle, Isaac avait instauré, pendant les derniers mois de la vie de Teeyah, un climat de «violence, d’emprise, de manipulation» : «Il y a eu de nombreuses scènes de violences, il tapait ma fille et quand je m’interposais il était violent avec moi. Une fois, parce qu’elle s’était fait caca dessus, il était tellement en colère qu’il l’a mise dans la douche et lui a fait coulé de l’eau bouillante dessus», raconte-t-elle pendant son audition. «Pourquoi ne pas l’avoir signalé aux services sociaux ?». «Il m’a menacée», répond-elle. «Alors pourquoi ne pas avoir demandé qu’on vous protège également ?», rebondit le président, dubitatif. «Je n’ai pas osé, j’étais sous son emprise», explique-t-elle depuis le box des accusés.

Versions discordantes

Cependant, les expertises légistes indiquent que de l’eau chaude ne peut pas être à l’origine des trois brûlures au troisième degré constatées sur la victime. «Il y aurait eu des traces de coulure», explique le médecin légiste qui l’a autopsiée, à la barre. Pire, ces trois traces ne sont pas datées du même jour : «Une était ancienne, environ 1 mois avant la mort, l’autre semi-ancienne et la dernière récente avant la mort».

Entre-temps, il est apparu pendant le procès qu’Isaac N’Togué ne vivait pas au domicile conjugal, les trois premières semaines du mois de mars. Et quand il est rentré, à la fin du mois, il s’est absenté quatre jours à Paris.

Entendu également, il nie avoir maltraité l’enfant : «Elle m’appelait des fois quand je travaillais, excédée, elle m’a dit une fois «Ta fille s’est fait caca dessus, elle l’a fait exprès. Je ne la nettoie pas ». Donc je suis rentré et j’ai trouvé la petite, nue, au coin, avec des excréments de la tête aux pieds. Je l’ai fait prendre une douche, deux jours après elle me rappelle en disant que ma douche avait provoqué des cloques sur Teeyah». «Mais pour vous, la douche était suffisamment chaude pour la brûler ?», demande le président. «Non, parce qu’en plus j’ai passé ma main sur elle pour la laver», dit-il en assumant avoir menti pendant ses premières auditions.

Le verdict devrait être rendu cet après-midi après une dernière journée de plaidoiries et de réquisition, malgré la persistance de quelques zones d’ombre.

Source la DPM 

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