Congé parental : Il faut enfin que les pères et les mères soient à égalité !

Alors que le gouvernement revoit sa copie sur le congé parental, le Laboratoire de l’égalité propose un congé réduit à un an et partagé de façon égalitaire par les deux parents. Il suggère également un allongement à quatre semaines du congé paternité, qui pour l’instant dure onze jours.

Aujourd’hui encore, dans les familles françaises, les mères consacrent aux enfants deux fois plus de temps que les pères. Lorsqu’un enfant naît, une mère sur deux interrompt ou réduit son activité professionnelle, alors que ce n’est le cas que d’un père sur neuf. C’est à ce moment que se creusent les inégalités de salaires et de carrières, qui ont des conséquences jusqu’aux retraites. Un congé paternité allongé est une première clé pour l’égalité. Nous proposons une durée de quatre semaines, contre onze jours actuellement. Parce qu’il renforcerait le rôle joué par les pères à l’arrivée d’un enfant, et parce qu’il réduirait le «risque maternité» qui pèse sur l’embauche et l’avancement des femmes. De plus en plus de grandes entreprises, d’ailleurs, proposent déjà aux nouveaux pères des congés plus longs que la durée légale, au nom d’un meilleur équilibre. L’Etat peut-il se permettre de rester à la traîne ?

Briser un cercle vicieux

L’aménagement du congé parental est l’autre clé d’une nouvelle dynamique vers l’égalité. La ministre des Solidarités et de la Santé a récemment évoqué une possible réforme de ce congé avant la fin du quinquennat, constatant que les pères ne le prennent toujours pas (ils ne sont que 4%, sans que ce chiffre ait évolué depuis des années). La dernière réforme, en 2014, a en effet raté sa cible : impossible d’aboutir à un meilleur partage du congé parental entre père et mère s’il n’est pas radicalement repensé. Aujourd’hui, le congé parental est indemnisé à hauteur de 396 euros durant six mois pour chaque parent pour le premier enfant, et à partir du deuxième enfant durant vingt-quatre mois et six mois de plus si l’autre parent le demande. Le Laboratoire de l’Égalité rappelle la proposition qui figure dans son Pacte pour l’égalité, signé lors de la campagne présidentielle par Emmanuel Macron : un congé parental raccourci à un an quel que soit le rang de l’enfant, partagé de façon égalitaire entre les deux parents (deux fois six mois non transférables), et surtout bien mieux rémunéré que l’actuelle prestation.

Il s’agit de briser un cercle vicieux : puisque dans la majorité des couples le père a des revenus professionnels plus élevés que ceux de sa conjointe, le manque à gagner est moindre si c’est elle qui recourt à ce congé. En Allemagne, une réforme pensée dans ce sens a été adoptée en 2007 : le congé est indemnisé aux deux tiers du salaire antérieur, et sa durée a été raccourcie de deux à un an, avec deux mois supplémentaires pouvant être pris par le deuxième parent. Conséquence : un quart des pères allemands prennent aujourd’hui un congé parental d’une durée minimale de deux mois, contre moins de 4% (comme en France) dix ans plus tôt.

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