Une surveillante stagiaire a vu sa formation interrompue et un détenu a été transféré après la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo tournée en caméra cachée dans une cellule du centre pénitentiaire de Lille-Sequedin (Nord), dans laquelle tous deux ont une relation sexuelle. Âgé de 22 ans, le détenu, incarcéré pour faits de de vol et de trafic de stupéfiants, a répondu mardi aux questions de France 3 après avoir été transféré en région parisienne.

« J’ai tout enregistré »

Alors que trois téléphones portables ont été retrouvés dans sa cellule, l’homme serait donc toujours en possession d’un mobile. Il a raconté à France 3, la façon, dont, selon lui, s’est déroulée la scène :

« La surveillante, c’est une stagiaire qui était dans mon bâtiment. Elle était là depuis une semaine. Mes co-détenus m’ont dit qu’elle était un peu « tchatcheuse » donc on parlait en rigolant et un jour, ça a été au bisou et voilà quoi… À ce moment-là, j’étais tout seul en cellule, mes co-détenus étaient chez le coiffeur. J’ai posé mon téléphone, j’ai tout enregistré. On a eu des petits mots jusqu’au moment où je lui propose de faire ça, elle n’a pas refusé. »

« J’ai forcé personne. Je me croyais même plus en détention : on se parlait comme si c’était ma copine », ajoute-t-il, assurant qu’il a eu une seule relation sexuelle avec la stagiaire.

« Moi, ça ne me dérange pas, ça me fait rigoler »

Le détenu ne semble nullement dérangé par le fait d’avoir diffusé la vidéo de ses ébats : « Nous, ça nous amuse. Je l’ai mise sur Snap (le réseau social Snapchat N.D.L.R.) voilà. Ensuite, les gens, les autres détenus copient la vidéo et après, ça fait tout le tour… Moi, ça ne me dérange pas, ça me fait rigoler. »

À la suite de la diffusion de la vidéo, l’administration pénitentiaire avait ouvert une enquête jeudi dernier. La surveillante stagiaire, interdite désormais d’exercer en détention, va faire l’objet d’une procédure disciplinaire.

Le détenu a assuré à France 3 qu’il ignorait cela, et ne semble pas regretter ses actes : « Vous me l’apprenez. Je ne sais pas quoi vous répondre. Je n’ai aucune nouvelle d’elle. Je ne sais pas quoi vous dire… »

« Il faut que les gens comprennent qu’on est sur un acte isolé, une grosse connerie. C’est tout sauf une pratique courante », a tenu a précisé Benoît Normand, secrétaire local Ufap Unsa Justice, qui déplore les conséquences que pourrait avoir cet écart de conduite sur la crédibilité de tous les autres surveillants de prison