Gard : une mère condamnée pour avoir violemment secoué et frappé son bébé

La jeune mère de 20 ans écope de 18 mois de prison avec sursis et mise à l’épreuve.

L’affaire remonte au mois d’octobre dernier, en Gard rhodanien. La jeune maman avait été déférée après sa garde à vue en novembre. Elle était suspectée d’avoir violemment secoué et frappé son bébé de cinq semaines. Lors des interrogatoires, elle a reconnu les violences en expliquant qu’elle était à bout.

Jeudi à la barre du tribunal correctionnel, cette mère de 21 ans a réitéré ses explications, à savoir qu’elle ne supportait plus nerveusement les pleurs de sa petite fille et qu’elle était dévastée par la fatigue liée à son autre enfant en bas âge.

Bref, deux enfants, un mari très occupé sur le plan professionnel et une jeune femme qui refuse l’aide proposée par sa mère. “J’ai pensé que je serai capable, j’aurai dû écouter ma mère. Elle m’avait proposé de m’aider, je pensais pouvoir tout gérer”, dit-elle à la présidente. Laquelle prend soin d’évoquer le cursus de la prévenue qui s’est retrouvée enceinte sans vraiment s’en rendre compte au départ. “Je me suis aperçu de ma grossesse alors que j’étais déjà enceinte de cinq mois”.

Les débats révèlent par ailleurs que les deux enfants de cette femme ont été placés par les services sociaux. Elle était autorisée à voir sa fille en présence d’une tierce personne.

Déni de grossesse

La justice pour l’instant veut que les enfants restent placés en attendant que les choses se stabilisent et que la mère suive une thérapie avec un médecin spécialisé.

L’avocat de l’enfant a tenté de porter la parole de ce bébé de cinq semaines tout en évoquant le déni de grossesse de la mère. “J’imagine qu’elle me dirait de pas être trop dur avec sa mère”, indique Me Ludovic Para qui demande une expertise médicale pour évaluer les éventuelles séquelles physiques ou psychiques.

La mort ou la cécité

Patrick Bottero, le vice-procureur de la République a évoqué une autre affaire judiciaire qui l’a occupé la veille en allant requérir le placement en détention d’une mère dont le bébé est mort sous ses coups.

Le magistrat, verbe grave et solennel, met en garde la prévenue sur les conséquences des violences. En ayant secoué son bébé de cette façon, l’enfant aurait pu en “mourir ou devenir aveugle. Pour la société que je représente, c’est inacceptable !”, insiste le parquetier. Il réclame 18 mois de prison assortis d’un sursis avec mise à l’épreuve (SME) avec obligations de soin.

Me Perrine Teissonnière, l’avocate de la mère a d’abord indiqué qu’elle avait une pensée pour l’enfant avant de plaider et de demander au tribunal de prononcer une sanction “porteuse d’espoir”, rappelant au passage que les enfants étaient placés jusqu’en mai 2018. Après délibéré, Prescilla J. écope de 18 mois avec SME avec obligation de suivre des soins.

 

Source : La Dépêche du midi

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