LAOS : Un bébé cramponné à sa mère durant 3 jours sur un arbre

Une mère et son enfant sont restés coincés sur un arbre plusieurs jours à la suite de l’effondrement d’un barrage au Laos. Ils ont été sauvés par des secouristes thaïlandais.

La vidéo d’un bébé en pleurs sauvé des eaux libérées par l’effondrement d’un barrage au Laos, après plusieurs jours sans nourriture accroché à sa mère sur un arbre cerné d’eau boueuse, donnait vendredi un visage aux victimes de la catastrophe. La vidéo tournée jeudi par les secouristes thaïlandais ayant réussi ce sauvetage a d’abord été diffusée par la chaîne laotienne ABC.

Et vendredi matin, après quelques heures seulement, les images, également diffusées sur Facebook, avait déjà été partagées des milliers de fois. «Merci du fond du coeur la Thaïlande pour votre aide», dit le commentaire sous la vidéo.

On y voit l’équipe de secouristes thaïlandais vérifier la zone autour du village de Xaydonkhong, où une quinzaine de personnes étaient signalées disparues. Ils sortent de leur barque et l’un s’avance, avec de l’eau à mi-corps, vers des arbres cernés par les eaux. On le voit revenir, portant précautionneusement un bébé en pleurs, suivi par sa mère. «Ils ont finalement réussi à retrouver les 14 personnes, soit quatre hommes, six femmes dont une enceinte et quatre enfants», ont expliqué les secouristes thaïlandais dans un communiqué vendredi. «Tous étaient épuisés et affamés après quatre jours sans nourriture», précisent ceux qui les ont nourris, embarqués dans leur barque et confiés ensuite à des militaires laotiens pour être hospitalisés.

Colère chez les habitants

Au-delà de cette belle histoire, des villageois en colère accusaient vendredi les autorités laotiennes de minimiser le bilan des victimes (27 morts), au quatrième jour des recherches pour retrouver des dizaines de disparus. «Ce n’est pas possible qu’il n’y ait que 27 morts, il y en a forcément au moins une centaine. Rien que dans notre village de May, il y a de nombreux disparus depuis l’inondation. Ils se sont évaporés», met en doute un habitant interrogé par l’AFP, sous couvert de l’anonymat.

Une équipe de l’AFP ayant tenté de se rendre à May s’est vu refuser vendredi l’accès, autorisé aux seuls militaires laotiens. Un autre habitant témoigne de la rapidité de la montée des eaux, qui ont pris par surprise de nombreux habitants dans leur sommeil, alors que les autorités n’avaient annoncé qu’une relâche d’eau routinière: «l’eau est montée si vite que tout a été emporté et tout le monde ne pouvait pas courir vite» pour y échapper, raconte-t-il.

Depuis des jours les médias officiels de ce petit pays pauvre d’Asie du Sud-Est, enclavé entre la Chine et la Thaïlande, ne cessent de minimiser les bilans donnés par les médias étrangers, qui ont cité les premiers jours le consul de Thaïlande au Laos, sur place au côté de sauveteurs envoyés par Bangkok. «Le nombre de disparus, qui tourne autour de cent, montre que nous avons fait de notre mieux», a minimisé vendredi le gouverneur de la région, Leth Xaiaphone, devant la presse. «Nous n’avons eu que quelques heures pour informer les villageois», entre l’effondrement du barrage lundi en fin d’après-midi et le début de l’inondation dans la soirée, a-t-il concédé.

Cinq jours sur un toit

«Je n’ai été prévenu de la montée des eaux qu’une heure avant par le chef du village. Ma famille a dû se réfugier sur le toit pendant cinq jours avant qu’un bateau des autorités vienne nous évacuer», a témoigné auprès de l’AFP Chayleng Duangaumpai, du village de Man.

Dans les villages où s’est rendu l’AFP vendredi, de nombreux habitants, désorientés, réclamaient de la nourriture, alors que l’aide arrive, avec notamment le soutien de la Thaïlande et du Vietnam, mais en ordre dispersé. Autour d’eux, leurs maisons sont envahies de boue après le retrait des eaux, qui ont laissé derrière elle des cadavres d’animaux de ferme.

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