Divorce & Garde d’Enfants : Le bras de fer d’une mère pour sa fille de 8 ans

Après plus de 20 années de vie à Francfort et une procédure de divorce insensée, Paule-Andrée défend son droit de continuer à voir ses filles. La plus jeune, 8 ans, a fugué pour la retrouver

Dans la chaleur accablante et l’ombre rare, elle reste tout près du palais de justice. Avec sa fille. « Je cherche à me mettre en sécurité », explique-t-elle. Hier, pour le symbole, Paule-Andrée a déroulé deux banderoles, avec l’espoir d’attirer l’attention sur la situation à peine croyable qui est la sienne. Entre l’Allemagne et la France (1).

À la justice, elle demande protection pour sa fille âgée de 8 ans. L’enfant a quitté son père allemand, avec qui elle était en vacances dans un camping en Italie. En se confiant à une femme qui a été touchée par son histoire et l’a raccompagnée à la frontière, la fillette est arrivée sur le territoire national. Il y a trois jours. Sa mère, elle ne la quitte pas du regard. « Nous souhaitons que le juge des enfants de Toulon se saisisse de l’affaire, au motif que l’enfant est en dangerau sens du Code civil, expose l’avocat de la mère, Me Grégory Thuan. C’est la quatrième fois qu’elle fugue. Il est évident qu’elle est en situation de détresse morale. »

REQUÊTE AU PARQUET DE TOULON

Ces « appels au secours » n’ont pas été entendus par le juge allemand, qui a ordonné, le 13 juillet 2018, un placement provisoire des enfants (2) aux soins du père. La décision est contestée.

Cette enfant « tente désespérément de retrouver sa mère et ne trouve d’autre solution que la fugue alors qu’elle n’est âgée que de 8 ans », écrit l’avocat strasbourgeois dans la requête qu’il a transmise ce lundi au juge des enfants de Toulon, ainsi qu’au parquet.

« Nous leur demandons de se saisir du dossier », répète Paule-Andrée, qui a trouvé refuge chez ses parents à Sanary. « Moi, je demandais juste à divorcer. Pas à risquer de perdre mes enfants, ma maison, mon travail. » Après 20 ans de vie outre-Rhin.

PAS UN CAS ISOLÉ

Ce dossier ne semble pas un cas isolé, au regard de situations familiales souvent dramatiques, entre l’Allemagne et la France – question dont le Parlement européen s’est saisi. La discrimination du parent non-allemand est dénoncée, ainsi que la difficulté, voire l’impossibilité, de garder le contact avec ses enfants. SO. B.

La mère de famille française a des arguments à faire valoir, à commencer par un arrêt de la cour d’appel d’Aix (du 11 avril 2018). La justice française refuse d’appliquer le mandat d’arrêt européen lancé à son encontre, estimant que « la remise de la mère aux autorités allemandes pourrait conduire à une privation de liberté qui serait inadaptée et disproportionnée ».

En mars dernier, les deux filles mineures du couple avaient fugué d’Allemagne en train, jusqu’en France. Pour rejoindre leur mère. Le père les avait ramenées, un mois plus tard, avec le concours de la force publique.

Laisser un commentaire