Un avocat, cible d’attaques antisémites, porte plainte

Denis Dreyfus, qui a récemment défendu la famille d’un jeune homme tué à la sortie d’une discothèque, est notamment qualifié de « perfide avocat juif » par un site Internet.

Violemment attaqué sur Internet pour s’être opposé aux tentatives de récupération de l’extrême droite après le meurtre de son client, l’avocat grenoblois Denis Dreyfus a annoncé mardi qu’un dépôt de plainte était « en cours ». Le conseil représente la famille d’Adrien Perez, un jeune homme de 26 ans tué le 29 juillet en s’interposant lors d’une rixe à la sortie d’une discothèque à Meylan, dans la banlieue grenobloise.

L’origine maghrébine des suspects des coups mortels avait provoqué un déchaînement de haine sur les réseaux sociaux auquel Me Dreyfus avait tenté de s’opposer. Un site de l’extrême droite radicale, Démocratie Participative, a par exemple titré sur son site « Assassinat d’Adrien : le perfide avocat juif dénonce les blancs qui veulent se défendre contre la sauvagerie arabe ». « On ne peut pas tout mettre sur le Net, en toute impunité. Malgré les plaies de l’Histoire, c’est sidérant que ça puisse exister et vouloir se propager », s’est ému Denis Dreyfus.

Soutien de la profession

Depuis plusieurs jours, l’avocat pris pour cible bénéficie de l’appui unanime des principales organisations professionnelles. Le 12 août, « notre confrère Denis Dreyfus a fait l’objet d’attaques antisémites ignobles rappelant les heures les plus sombres de l’humanité », a par exemple dénoncé le Syndicat des avocats de France (SAF). LeConseil national des barreaux (CNB) a pour sa part saisi le garde des Sceaux « afin que des poursuites soient engagées sans délai et que tous les moyens soient mobilisés pour identifier les individus qui se cachent derrière ce site hébergé aux États-Unis ». Un mouvement de solidarité qui donne « chaud au cœur » à l’avocat.

Mais comme le site n’est pas hébergé en France, la plainte pourrait avoir plus de mal à aboutir car les règles et la législation ne sont pas les mêmes dans les deux pays. Comme le rappelle le site Arrêt sur images, le délégué interministériel à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT Frédéric Potier avait déjà signalé en janvier dernier au procureur de la République ce site qui selon lui « contient des propos racistes et antisémites insupportables ».

Avec AFP 

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