Tentative de rapt d’enfants sur fond complotiste: quatre ans requis contre un ancien gendarme

Christian Maillaud, à la tête d’un groupuscule d’activistes convaincus de l’existence de complots pédophiles, avait accepté d’aider une mère de famille à enlever ses enfants à leur père.

Quatre ans de prison ont été requis ce jeudi au tribunal de Saintes contre un ancien gendarme en fuite, soupçonné avec sa compagne allemande d’avoir voulu aider une femme qui projetait d’enlever ses enfants à leur père, sur fonds d’accusation de complot pédophile. L’ancien gendarme Christian Maillaud, un « gourou charismatique » selon le procureur Matthieu Auriol, serait en fuite au Venezuela avec sa compagne, contre laquelle trois ans avec sursis ont été demandés.

Les faits remontent à 2012 quand Sandrine Gachadoat projetait d’enlever ses enfants à leur père, qu’elle accusait de pédophilie. Elle avait déjà réussi à les kidnapper de décembre 2008 à avril 2011 avant d’être retrouvée avec eux près d’Alès, dans le Gard, par les gendarmes. Elle avait alors déjà accusé sa belle-mère ainsi que son ex-compagnon de pédophilie et avait vainement tenté de faire constater ces sévices par des médecins avant de les soustraire à la garde de leur père.

En 2015, la justice l’avait déclarée irresponsable pénalement pour trouble délirants dans cette affaire. Elle avait alors fait appel à Christian Maillaud, à la tête d’un groupuscule d’activistes convaincus de l’existence de complots pédophiles. Principal mis en examen avec sa compagne allemande Janet Seemann, il est en fuite et le couple se serait réfugié au Venezuela, selon leurs soutiens.

Deux ans de prison requis contre la mère

Dans des vidéos postées régulièrement sur internet, le quinquagénaire, surnommé « Stan » sur la toile, dénonce l' »organisation pédocriminelle satanique qui est l’organe judiciaire » et le « procès d’inquisition du 30 août 2018 ».

Les prévenus projetaient d’enlever les trois enfants qui vivaient chez leur père à Montendre, dans le sud du département, mais ils avaient finalement été arrêtés avant d’avoir pu commettre leur rapt.

Le procureur a requis deux ans de prison avec sursis contre la mère, avec une obligation de soins et l’interdiction de contacter ses enfants. Il a requis des peines allant de la simple amende à deux ans avec sursis contre les trois complices, dont seuls deux étaient présents à l’audience, la mère ne s’étant également pas présentée. Le jugement devait être rendu dans la soirée.

Avec AFP 

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