Justice : 11 ans de réclusion criminelle pour l’ex-compagne ayant tué son conjoint à Saint-Nazaire

À Saint-Nazaire, le 9 novembre 2016, dans un geste inexpliqué, une femme a tué son ex, père de deux de ses enfants, d’un coup de couteau. Sa peine ? Onze ans de réclusion criminelle.

Il était 13 h, le 9 novembre 2016, dans cet immeuble HLM aux murs de papier du 48, rue de la République, à Saint-Nazaire. Les voisins en sont sûrs, le journal télévisé débutait. Un grand « boum » , comme le bruit d’un homme qui tombe

 dans les escaliers, a brisé la routine. La bascule. C’est l’instant précis où le couteau de cuisine dans la main de Christine Huet a touché le cœur de Jean-Thierry Romnain. L’instant même où deux enfants ont perdu père et mère. Le père a trépassé vite, assure le médecin légiste chargé d’examiner les plaies. La mère aux « mains tachées de sang » est partie vite, aussi, dans la voiture des policiers. Pour des années, forcément.

Les jurés de la cour d’assises de Loire-Atlantique ont estimé que la juste peine, pour cette femme martyrisée par tant d’hommes tout au long de sa vie – mais jamais par Jean-Thierry Romnain – était de onze années de réclusion criminelle. L’avocate générale, le matin, en avait requis douze.

«Une bonne mère»

Dans ces circonstances intenables, les enfants sur le banc des victimes de la cour d’assises, ce vendredi 21 septembre, ne demandaient pas autre chose, par la voix de leur avocat, qu’une sanction équilibrée. « Ils sont là pour la soutenir, pour dire qu’elle était une bonne mère, malgré les violences de ses compagnons, malgré ses addictions. Leur voix, c’est d’inciter votre Cour à prendre une peine juste. »

Les enfants croient leur mère quand elle dit qu’elle « n’avait pas l’intention de tuer notre père » . Christine Huet, qui reconnaît avoir porté « machinalement » le coup de couteau, a tenté d’expliquer aux jurés qu’en frappant Jean-Thierry Romnain, prise dans l’alcool, c’est plutôt son compagnon de l’époque, si violent avec elle, qu’elle pensait poignarder. « Sans doute, on assiste au ras-le-bol d’une femme, trop blessée, trop meurtrie », plaide Stéphane Vallée, l’avocat de la mère de famille. Il cherche à donner une explication à ce coup inexpliqué, puisque l’accusée assure qu’aucune dispute n’a précédé le coup.

Faute de preuve, faute de témoin, « la question du pourquoi reste une béance »,concède l’accusation. « C’est toujours inconfortable de ne pas avoir de réponse. Ne pas savoir ce qui a motivé le geste d’une personne. » À ses yeux, l’hypothèse d’une dispute d’alcooliques est la plus probable.

Deux certitudes. « Jean-Thierry Romnain avait le droit d’espérer une fin plus clémente que la cage d’escalier du 48 de la rue de la République, poursuit l’avocate générale. Une fin qui ne s’apparentait pas à une table d’autopsie. » La seconde, tout aussi glaciale, est soulevée par Stéphane Vallée. Christine Huet, mère, femme battue devenue meurtrière, « va retrouver la froideur de sa cellule. » Durablement .

D’après OF 

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