Cour d’Assises : Un Ornais de 46 ans jugé pour le viol de la fillette d’une amie qui l’hébergeait

Un Ornais de 46 ans est jugé devant la Cour d’Assises de l’Orne, jeudi et vendredi, pour le viol et l’agression sexuelle, à Alençon, d’une enfant alors âgée de 7 ans en 2016.

« Elle est venue me réveiller à 2 h du matin pour me dire qu’elle avait fait un cauchemar. Je lui ai dit : « Prends ta tablette mais dix minutes seulement parce que demain, il y a école… » Pour moi, c’est de ma faute, j’aurai dû la raccompagner dans sa chambre ».

Il a reconnu les faits

Les faits se sont produits au cours de la nuit du 6 au 7 janvier 2016. Dans l’appartement où la petite fille vivait avec sa mère et son beau-père. Le couple y hébergeait un ami : l’accusé. C’est Zoé qui a révélé l’agression le soir du 7 janvier, après sa journée d’école. Le lendemain, à 9 h, la mère et sa fille sont allées porter plainte. L’agresseur a été interpellé peu après, dans une commune où il s’était rendu la veille après que le couple l’avait sommé de partir.

L’accusé a reconnu les faits rapidement. Et a été incarcéré. Célibataire, sans enfant, il est détenu depuis « deux ans, huit mois et dix-huit jours » , précise le président. En septembre 2011, il a déjà été jugé et condamné, par le tribunal correctionnel, à deux ans d’emprisonnement pour des faits similaires. Il a été reconnu coupable d’agressions sexuelles sur mineure. De juin 2006 à octobre 2008, il a abusé d’une enfant alors âgée de 5 à 7 ans. La fille d’un autre couple d’amis chez qui il résidait de temps à autre.

L’accusé, violé à 14 ans

Aîné d’une fratrie de six enfants, l’homme de 46 ans, qui a été scolarisé un temps dans un institut médico-éducatif, ne sait ni lire ni écrire. Il a été abusé lorsqu’il était adolescent. « Que s’est-il passé lorsque vous aviez 14 ans ? » lui demande le président. Il se trouble. S’agite un peu sans dire un mot. Lâche un prénom : « Patrick » . Patiemment, le magistrat parvient à lui faire dire l’inavouable : des viols dont il n’a jamais parlé à personne avant cette procédure.

Avec la même patience, Jean-François Villette l’invite à évoquer la nuit de janvier 2016. Le président souligne la concordance des récits de l’accusé et de la victime. À l’exception d’une chose : la chambre dans laquelle se sont produits les faits. L’homme a toujours déclaré que Zoé l’avait rejoint dans son lit. « C’est plus facile de vous dire que c’est la gamine qui est venue » , insiste Jean-François Villette. À la barre, face aux sept jurés et aux magistrats, le quadragénaire avoue enfin s’être rendu dans sa chambre.

Ce qu’il encourt :  

L’expert psychiatre qui a examiné l’accusé dresse, lui, en fin de journée ce jeudi, le portrait d’un homme « à la structure abandonnique », d’une « débilité moyenne » et qui « vit sous la domination de ses pulsions ». Selon le médecin, les faits jugés par la Cour d’Assises, ces deux jours, « sont en rapport avec la perversion » de l’accusé « prédateur pédophile capable de récidiver à chaque fois qu’une occasion se présente ».

L’accusé encourt 20 ans de réclusion criminelle pour ces faits de viol et agression sexuelle.

Le verdict devrait aujourd’hui vendredi 28 septembre, en fin d’après-midi. 

Laisser un commentaire