En 2018, les prénoms font décidément débat en Bretagne. Après l’épisode Fañch en octobre, c’est au tour des prénoms Ambre et Liam de se retrouver suspendus à une décision de justice. La procureure de Lorient a fait appel de deux jugements ayant autorisé deux couples de parents à appeler leur fille Liam et leur garçon Ambre, estimant que ces prénoms pouvaient générer une “confusion de genre” chez les enfants. 

“En saisissant la cour d’appel, je suis cohérente dans cette démarche en ma qualité de représentante du ministère public. Le tribunal en première instance était composé d’un magistrat. Ils seront trois à la cour d’appel à se pencher sur cette question de fait, à savoir : ‘Liam et Ambre sont-ils des prénoms mixtes?’, puis sur cette question de droit : ‘S’ils ne sont pas mixtes, les leur donner est-il contraire à l’intérêt de ces enfants?'”, a déclaré la procureure de la République de Lorient Laureline Peyrefitte, à l’AFP.

Les doutes d’un officier du service d’état-civil

Liam et Ambre sont nés dans le Morbihan, respectivement en novembre 2017 d’un couple d’hétérosexuels et en janvier 2018 d’un couple d’homosexuelles. Dans les deux cas, l’officier du service d’état-civil de Lorient a “eu un doute”, indique Nadyne Duriez, adjointe au maire de Lorient.
    
“Il en a parlé à sa responsable de service qui a elle-même évoqué la situation avec sa supérieure, qui m’en a ensuite référé. Collégialement, nous avons estimé qu’Ambre était un prénom féminin et non masculin. Et que Liam était le prénom d’un petit garçon donné à une fille.” 

Un premier avis favorable des juges aux affaires familiales   

Un signalement, sur la base de ces quatre avis, est alors transmis à la procureure de Lorient. “Ma position n’est ni militante, ni dogmatique. J’ai fait mes recherches, observé que ce n’était pas des prénoms mixtes. Ils m’apparaissaient donc contraire à l’intérêt de l’enfant”, puisque de nature à créer un risque de confusion de genre, a-t-elle indiqué. Laureline Peyrefitte a donc “soumis cette question juridique au tribunal en ayant conscience de l’impact, difficile à vivre, pour les parents”, a-t-elle ajouté.     

Dans les deux cas, les juges aux affaires familiales (JAF) saisis ont donné raison aux parents, en juillet pour Ambre, et en octobre pour Liam, autorisant que les prénoms restent inscrits sur les registres d’état-civil. Ce sont ces décisions que le parquet conteste. L’avis de la Cour d’appel de Rennes n’est pas attendu avant plusieurs mois.

Avec AFP 

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