Affaire de pédophilie dans la Nièvre: ce que l’on sait

Cette affaire de pédophilie dans la Nièvre a été qualifiée “d’hors-normes” par le vice-procureur.

“Cette affaire revêt une dimension hors normes (…) par le nombre de mis en cause, le nombre d’enfants victimes et le nombre considérable d’infractions” a déclaré mardi le vice-procureur de Nevers Paul-Édouard Lallois. Cinq hommes et trois femmes ont été mis en examen mardi pour près de 70 infractions de pédophilie et d’agression sexuelle sur quatre garçons aujourd’hui âgés de 4 à 9 ans.

  • Qui sont les mis en examen?

Parmi les huit adultes mis en examen se trouvent les parents des enfants victimes, deux frères de 8 et 4 ans, et deux autres frères de 9 et 4 ans. Les autres sont des membres de leur entourage: un couple et deux anciens couples. Ils sont âgés de 25 à 48 ans.

Les cinq hommes mis en examen ont été écroués. Les femmes, soupçonnées d’avoir commis “moins d’infractions et de moindre gravité”, ont été placées sous contrôle judiciaire.

Deux des hommes mis en examen étaient déjà en détention provisoire dans le cadre d’une affaire d’abus sexuels sur les enfants de l’un d’entre eux, ouverte en décembre dernier.

  • De quels faits sont-ils accusés?

Mis en examen pour près de 70 infractions, les agresseurs présumés sont notamment soupçonnés de “viols aggravés sur mineurs [de moins] de 15 ans, pour certains avec un caractère incestueux”, “d’agressions sexuelles avec les mêmes circonstances aggravantes”, de “corruption de mineurs”, de “violences aggravées” ou encore de “privation d’aliments”, a déclaré le vice-procureur.

“Les pères ont pu se prêter les gamins. Les mamans ont joué un rôle passif”, indique une source proche du dossier, précisant qu’il s’agit d’un milieu très modeste, vivant de minimas sociaux. 

  • Comment l’affaire a-t-elle éclaté?

Selon le magistrat, “la genèse du dossier, ce sont les premiers signalements faisant état de carences éducatives, combinées à des soupçons de maltraitance”. “Une fois que les enfants se sont trouvés dans un milieu protégé, ils ont commencé à mettre des mots sur ce qu’ils ont subi”, a-t-il ajouté. Ils ont été placés, les fratries séparées mais restant proche géographiquement de façon à maintenir le lien, selon la source proche du dossier.

  • Depuis combien de temps les enfants étaient-ils agressés?

“En raison de leur jeune âge et de la multiplicité des faits, [les victimes] ne sont pas en capacité de dater précisément” les agressions et viols a déclaré une source proche du dossier. Ce sera le travail de l’instruction. “Pour certains des enfants, les faits sembleraient avoir commencé à un très jeune âge”, a toutefois précisé le magistrat. 

Le vice-procureur a donc retenu pour l’enquête une période “assez large, allant de 2010 à mai 2017, date du placement judiciaire des enfants” par les services du conseil départemental de la Nièvre.

Avec AFP 

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