Affaire du “bébé dans le coffre” : la mère de Séréna condamnée à deux ans de prison ferme

Elle était jugée pour avoir dissimulé sa fille pendant deux ans. Celle-ci souffre aujourd’hui d’un « déficit fonctionnel à 80 % ».

Elle avait dissimulé l’existence de sa fille pendant deux ans, jusqu’à ce qu’on la découvre en 2013 dans un coffre de voiture. Rosa Maria Da Cruz, mère de la petite Séréna, a été condamnée à cinq ans de prison dont trois avec sursis ce vendredi soir par la cour d’assises de la Corrèze. 

Un mandat de dépôt a été prononcé contre la quinquagénaire, qui comparaissait libre et a également été condamnée à un suivi socio-judiciaire de cinq ans, avec injonction de soins, a précisé son avocate Me Chrystèle Chassagne-Delpech. Elle sera incarcérée dimanche soir à la maison d’arrêt de Limoges, selon le parquet. Son avocate a annoncé qu’elle ne ferait pas appel.

Déchéance d’autorité parentale

Le président de la cour a indiqué que la peine était « aménageable » et qu’elle pourrait solliciter le juge d’application des peines en vue d’un aménagement de peine et, de ce fait, d’une éventuelle libération conditionnelle. La déchéance totale d’autorité parentale sur Séréna, requise par le parquet, a été confirmée lors de l’audience sur les intérêts civils.

Dans cette affaire dite du « bébé du coffre », huit ans de prison, un suivi socio-judiciaire de cinq ans, une injonction de soins et une déchéance de l’autorité parentale avaient été requis dans la matinée.

L’enfant née en 2011, a été découverte le 25 octobre 2013 dans un coffre de voiture. Elle a subi des privations lui infligeant des handicaps jugés irréversibles. Rosa Maria Da Cruz, qui n’a pas fait de détention hormis sa garde à vue initiale en octobre 2013 juste après la découverte de Séréna dans le coffre de sa voiture, encourait 20 ans de réclusion. 

Un « syndrome autistique vraisemblablement irréversible »

L’affaire a été jugée aux assises en raison du caractère « permanent » des séquelles de l’enfant, révélé par les expertises. Il s’agit d’un « déficit fonctionnel à 80 % », d’un « syndrome autistique vraisemblablement irréversible », lié « sans ambiguïté », selon les expertises, aux conditions des 23 premiers mois de sa vie. Elle vit dorénavant en famille d’accueil.

Ses trois frères et sœurs, âgés de 9 ans à 15 ans, un temps placés, ont été rendus au couple. Le mari a bénéficié d’un non-lieu. Rien, selon la justice, ne permet d’infirmer ce qu’il a toujours soutenu : il n’a jamais rien su ou vu de la grossesse, puis de l’existence de l’enfant dans leur maison de Brignac-la-Plaine.

Avec AFP 

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