La découverte de restes humains dans les sous-sols du musée d’Aquitaine à Bordeaux pourrait mettre fin à plusieurs siècles de flou autour des restes du philosophe Michel de Montaigne, premier magistrat entre 1581 et 1585 et disparu en 1592. 

« Gardons notre sang froid, nous n’avons pas encore retrouvé Montaigne », a tempéré, souriant, le maire actuel de la cité girondine Alain Juppé, lors d’une conférence de presse devant le cénotaphe (tombe sans corps) de Montaigne. « Mais si c’était le cas, a-t-il ajouté, ce serait un grand moment pour Bordeaux ».

L’édile a détaillé comment, dans la réserve des collections médiévales du musée, « une petite construction qui est là depuis plus d’un siècle et à laquelle personne ne s’est jamais intéressé » a attiré l’attention du directeur du musée, Laurent Védrine.

Ce dernier a donc percé « deux petits trous » dans le mur de ce caveau jusque-là inconnu, et peut-être le mystère de la tombe du philosophe, dont la dépouille a erré d’une sépulture à l’autre, depuis son décès en 1592.

Une mini-caméra passée à travers ces deux orifices a permis de voir que ce caveau contient un cercueil de bois, des ossements humains et une plaque de cuivre doré, où est gravé le nom de Michel de Montaigne.

Analyse ADN des ossements 

En 1593, le cercueil de Montaigne est installé dans la chapelle du couvent des Feuillants, situé à ce qui correspond aujourd’hui à l’emplacement du musée d’Aquitaine. En 1802, ce couvent fait place au lycée Royal, dont la chapelle abrite le cercueil jusqu’en 1871. C’est cette année-là que le lycée est détruit par un incendie. Les restes de Montaigne sont alors transportés au dépositoire du cimetière de la Chartreuse, à Bordeaux.

En 1886, nouveau transfert des ossements présumés de Montaigne de La Chartreuse au site initial qui a fait place entre-temps à la faculté des Lettres et des Sciences. C’est là que le tombeau, sans corps, réalisé par l’architecte Charles Durand est installé, dans le hall de la faculté. Depuis lors, le tombeau n’a jamais été ouvert. 

La prochaine étape sera l’identification des ossements retrouvés dans les réserves du musée d’Aquitaine, sous le cénotaphe de l’auteur des Essais. Un comité scientifique supervisera les fouilles et diverses expertises, notamment les analyses de l’ADN qui sera prélevé sur les ossements, pour être comparé aux ADN de la descendance du philosophe.

Avec AFP 

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