Le petit garçon, qui avait tenté de se suicider, a depuis trouvé refuge dans un gîte familial.

« Quand je vois les conditions d’hébergement, c’est épouvantable. » Une pointe de désespoir et de colère s’entend dans le ton d’Hubert et de Nathalie. Ce couple, grands-parents d’un petit Enzo ( 1 ), 8 ans, n’a de cesse de tirer la sonnette d’alarme. Comme quand leur fille, diagnostiquée psychotique dans son enfance, est devenue SDF et toxicomane. Ils sont intervenus et sont devenus tiers dignes de confiance. Le garçonnet est arrivé chez eux.

Un enfant chez les adolescents

L’enfant change de toit en restant dans la famille. Avant d’être placé, en octobre 2017, pour un an. Il arrive au foyer la Clairière, à Cholet. Mais l’établissement passe sous le giron de l’Association de sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence (ASEA) 49. Le petit se retrouve alors… au milieu d’adolescents.

Tentative de suicide à 8 ans

Une situation préoccupante. Évidemment, au milieu des grands, Enzo ne trouve pas sa place. Il est hospitalisé après être monté sur le toit du foyer, en menaçant de se jeter dans le vide. « Ça se passait très mal » , note Nathalie. Les grands-parents sont privés de contact avec lui, pour privilégier la restauration du lien avec la mère, selon les éducateurs. « Je préférerais le savoir dans ma famille qu’en difficulté dans un foyer » , convient, aujourd’hui, sa maman.

« Maltraitance institutionnelle »

À la Clairière, on ne cache pas son inquiétude. Éducateur et chef de service ne comprennent pas pourquoi l’Aide sociale à l’enfance ne trouve pas un nouveau lieu d’accueil au garçonnet. Des interpellations reprises dans l’ordonnance de placement provisoire du 12 octobre dernier, qui confie pour une nouvelle année cet enfant au Département. « De la maltraitance institutionnelle » , estime dans le même document l’avocate de la mère.

« Impuissants »

Les grands-parents n’ont obtenu le droit de le voir qu’1 h 30 à chaque période de vacances scolaires. « On est complètement impuissants à protéger notre petit-fils » , estiment-ils. Depuis, Enzo a changé de foyer. Et de région. Il se retrouve dans le Sud-Ouest, dans un gîte pris en charge par une famille d’accueil. « Il s’y trouve bien, constate Nathalie, après une conversation téléphonique avec lui. Je ne l’ai jamais senti aussi détendu. » La preuve, pour cette grand-mère que la place de son petit-fils n’est pas dans un foyer.

Seule ombre au tableau : le petit garçon n’est plus scolarisé. Une situation qui perdurera tant qu’une solution locale n’aura pas été trouvée par le Département.

D’après Ouest-France

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