RAPPEL : En cette période de noël, vigilance pour les enfants concernant les piles des jouets

A quelques jours des fêtes de Noël, les autorités sanitaires rappellent le risque d’ingestion de piles bouton chez les enfants.

Au-delà du simple danger d’avaler un corps étranger, elles créent une activité électrique, diffusent leur produit et peuvent provoquer de graves brûlures.

Le rappel est annuel, mais est hélas toujours nécessaire. Ces deux dernières années, au moins trois enfants sont morts après avoir avalé des « piles bouton », ces piles plates présentes dans de nombreux jouets électroniques. Les centres antipoison signalent par ailleurs de très nombreux cas d’accidents, parfois avec des complications médicales graves. 

Si une analyse rétrospective est en cours sur la période entre juin 2016 et juin 2018, les données entre janvier 1999 et juin 2015 marquent déjà une nette augmentation. Au début de l’étude, les piles bouton représentaient 7% des cas d’ingestions (présentant des signes cliniques), contre 18% 16 ans plus tard. Sur toute cette période, deux morts et 21 cas graves avaient été constatés.

Au vu de ces inquiétantes données, trois agences sanitaires ont émis une nouvelle alerte sur les piles plates. Dans un communiqué, l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), la Direction générale de la Santé et la Consommation et répression des fraudes (DGCCRF) rappellent les risques d’ingestion et les bons réflexes à adopter en cas d’accident. 

« Une pile avalée par un enfant, c’est une urgence vitale »

Le danger ne réside pas seulement dans l’ingestion d’un corps étranger, mais aussi dans la composition même de la pile.

« Les gens (…) pensent qu’avaler une pile bouton et une pièce de monnaie, c’est pareil. En gros, elle sera évacuée par les voies naturelles. Pas du tout, une pile bouton avalée par un enfant, c’est une urgence vitale parce que ce n’est pas une matière inerte », rappelle dans les colonnes du Parisien Magali Labadie, responsable du centre antipoison au CHU de Bordeaux.

Une fois à l’intérieur du corps, les piles bouton « vont faire une activité électrique locale et une diffusion de leur produit qui va causer une brûlure très rapide », précise pour Allodocteurs.fr la professeure Françoise Denoyelle, chirurgienne ORL à l’hôpital Necker-Enfants malades de Paris. 

« Dans les 2 premières heures, on peut voir apparaître lésions, voire perforations de la muqueuse »

« Dans les deux premières heures, on peut voir apparaître des lésions, voire des perforations sur la muqueuse », explique-t-elle. 

Hémorragie brutale et imprévisible et perforation des voies respiratoires sont encore d’autres risques cités par les agences sanitaires dans leur communiqué

Que faire pour éviter ces accidents? Conserver les piles hors de portée des enfants, qu’elles soient encore emballées ou usagées, conseille le communiqué. Vérifier aussi que les compartiments de piles des jouets sont bien sécurisés et ne peuvent être ouverts par un enfant en bas âge seul, et privilégier l’achat de jouets qui comportent cette sécurité. 

Appeler le 15 ou un centre antipoison avant d’aller aux urgences

En cas d’accident, « l’enjeu est de gagner un temps précieux », insiste Magali Labadie dans Le Parisien. Avant de se précipiter aux urgences, il faut appeler le 15 ou un centre antipoison qui indiquera la marche à suivre, explique le communiqué.

Il faudra ensuite conduire l’enfant dans le service d’urgence indiqué par le centre antipoison, qui lui aura transmis le protocole à suivre. Le liste des différents centres antipoison de l’Hexagone est disponible ici. A noter que la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, les collectivités de Saint-Martin et Saint-Barthélemy ainsi que Saint-Pierre-et-Miquelon dépendent du centre de Paris. La Réunion et Mayotte dépendent de celui de Marseille. La liste des zones géographiques d’intervention est disponible ici.

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