Le procureur de la République de Nice a été perquisitionné ce jeudi matin par des policiers de l’office anticorruption (OCLCIFF), selon une information du Parisien. Des juges d’instruction se sont rendus chez Jean-Michel Prêtre ainsi qu’à son bureau dans le cadre d’une enquête sur la succession de l’hôtel de luxe Negresco, à Nice.

Hôtel sous tutelle de la justice

D’après le quotidien, la justice s’intéresse au rôle qu’a pu avoir le procureur dans la succession de ce palace d’une valeur de 300 millions d’euros. L’hôtel, un cinq étoiles de 124 chambres sur la promenade des Anglais, appartient à une certaine Jeanne Augier mais est placé depuis 2013 sous la tutelle de la justice, “à cause d’une santé mentale défaillante” de la propriétaire.

C’est le procureur de Nice lui-même qui a encouragé la sauvegarde de l’établissement quand la justice a commencé à soupçonner des manoeuvres autour de Jeanne Augier pour capter l’hôtel. Un administrateur, Pierre Couette, trentenaire et spécialiste d’histoire de l’art, est mis en examen dans ce dossier pour abus de faiblesse. Les enquêteurs cherchent à savoir si Jean-Michel Prêtre a pu, en saisissant le tribunal de commerce, avoir outrepassé ses pouvoirs voire favorisé un candidat repreneur.

Dernier palace français de l’Hexagone

Il y a un an, le procureur de la République a demandé la fin de cette tutelle. Il s’en était justifié auprès de Nice Matin: “La justice n’a pas vocation à gérer un hôtel. La justice n’est pas un chef d’entreprise.”

À l’issue de cette perquisition, le magistrat n’a pas été placé en garde à vue. “Cela montre que l’institution est capable de mener ce genre d’investigations sur l’un de ses propres magistrats, nous a-t-il confié. Mais c’est très violent”, a-t-il déclaré au Parisien.

Revenu à une situation confortablement bénéficiaire alors qu’il tournait à perte il y a sept ans, selon la direction, le Negresco est le dernier palace familial de l’Hexagone resté français.

Avec AFP

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