Eric Drouet, un des premiers meneurs du mouvement des Gilets jaunes, a été interpellé et placé en garde à vue, ce samedi vers 14h15, dans le quartier de la Madeleine à Paris, au milieu de quelques dizaines de manifestants venus pour l’Acte VI. Plusieurs vidéos de l’interpellation circulent sur les réseaux sociaux sans que l’on n’aperçoive distinctement le leader du mouvement.

Âgé de 33 ans, ce chauffeur routier de Melun (Seine-et-Marne), est une des voix qui pèsent dans la contestation qu’il définit lui-même comme « populaire » et « totalement apolitique ».

Créée mi-octobre, sa page Facebook appelant au « blocage national contre la hausse des carburants » a été rapidement suivie par des dizaines de milliers de personnes, amorçant la mobilisation nationale du 17 novembre, l’« acte I » du mouvement.

Soixante-cinq personnes interpellées

C’est lui qui avait appelé les « gilets jaunes » à manifester à Versailles ce samedi, avant de lancer ce matin sur Facebook un nouvel appel à se rassembler à Montmartre.

Au total, soixante-cinq personnes ont été interpellées et quatre placées en garde à vue lors des manifestations de Gilets jaunes samedi à Paris.

Appel à marcher sur l’Elysée

Eric Drouet s’était déjà fait remarquer pour avoir appelé à marcher à l’Elysée, lors d’un débat sur la chaîne BFM TV, le 5 décembre.

Pour ses propos, il est visé par une enquête préliminaire pour « provocation à la commission d’un crime ou d’un délit ». Les investigations ont été confiées à la police judiciaire de Versailles. Dans une vidéo qu’il avait lui-même publiée sur Facebook, il avait également annoncé que son épouse avait été entendue et que lui-même était convoqué par les policiers.

Rétropédalage pour éviter d’autres poursuites

Dès le lendemain de son intervention télévisée, Éric Drouet avait surtout assumé sa sortie sur sa page Facebook : « Vous trouvez que j’ai été trop trash en disant qu’on irais à l’élysse (sic) »commentait-il. Il s’était toutefois repris le lendemain, sentant probablement que ses nouvelles paroles pouvaient tomber sous le coup de la loi.

Dans une note du 29 octobre, le Service central du renseignement territorial (SCRT) notait que le trentenaire, père de famille, était l’un des huit administrateurs de la page Facebook appelant au tout premier rassemblement des Gilets jaunes. « Le contenu du profil des créateurs de l’événement est pour l’essentiel à caractère familial. »

La note précisait : « Aucune proximité avec des groupes à risques n’a, jusqu’à présent, été détectée », notaient les agents, précisant toutefois : « Seul le nommé Éric Drouet est connu de la documentation opérationnelle dans le cadre de sa co-administration du groupe Facebook fermé Muster Crew. » Un groupe qui rassemble des organisateurs de rassemblements automobiles.

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