Dimanche soir, Eric Drouet est sorti du tribunal, après avoir été présenté à un juge. Il avait été arrêté dans la matinée de samedi à Paris, alors qu’il venait manifester pour la sixième journée de rassemblement national du mouvement des gilets jaunes.

Selon son avocat Khéops Lara, interrogé par BFMTV, Éric Drouet s’est dit “serein et confiant” pour la suite. Il sera jugé lors d’une audience le 5 juin 2019 en correctionnelle. Il comparaissait ce dimanche pour “port d’arme prohibé de catégorie D”, après avoir été retrouvé porteur d’une sorte de matraque, et pour “participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradations”.

“L’empêcher de manifester”

Pour Khéops Lara, dans cette affaire le procureur “voulait par cette interdiction, l’empêcher de manifester et de poursuivre le mouvement.” “Très clairement cette garde-à-vue ne s’imposait pas, il était à la disposition des services de police et de justice pour répondre à toutes les questions (…) C’est une arrestation ciblée, c’était pour l’empêcher de manifester pacifiquement”, assure son avocat.

Ce dernier a dénoncé l’accusation de “port d’arme de catégorie D” contre son client, expliquant que l’objet concerné “était un “bout de bois qu’il avait dans son camion”. Il s’agirait d’un cadeau de son père qui servirait à le défendre un cas d’agressions dans le cadre de son travail, car Eric Drouet est routier, donc souvent seul sur les routes. “Tout cela n’est que pure fantaisie, ce n’était qu’un prétexte à sa garde à vue et à sa nuit au dépôt”, lance Khéops Lara.

“Une procédure arbitraire et injustifiée”

Pour la seconde accusation de “participation à un groupement formé en vue de violences ou de dégradations”, l’avocat rappelle que son client a toujours condamné les violences lors des manifestations. “Il n’y a absolument rien, y compris dans cette procédure judiciaire”, martèle son avocat.

Le juge n’a pas suivi les réquisitions du parquet, Eric Drouet n’aura pas interdiction de se rendre à Paris dans les mois qui viennent, il est donc possible qu’il y manifeste pour les prochaines journées de mobilisation. Pour le gilet jaune, “arrêter d’appeler à manifester ce serait en quelque sorte donner gain de cause à une procédure qu’il estime arbitraire et injustifiée”, explique son avocat.

Le gilet jaune est déjà visé par une enquête préliminaire pour “provocation à la commission d’un crime ou d’un délit” après qu’il a appelé les gilets jaunes à entrer dans l’Elysée, dans une interview sur notre antenne.

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