Obsèques de Théo à Lens : «Il s’est envolé»…

Ses obsèques ont eu lieu, ce mercredi, plus d’un mois après la découverte de son cadavre.

La cérémonie funéraire pour le jeune adolescent retrouvé mort s’est déroulée en l’église St-Léger. Elle a attiré de nombreux anonymes. Tous voulaient lui rendre hommage

Moment de grande émotion en l’église Saint-Léger de Lens, à l’occasion des obsèques de Théo. Des centaines de personnes sont venues manifester leur soutien à la famille. C’est au son de la chanson de Louane, « Je vole », que tout le monde s’est rassemblé pour se recueillir avant la cérémonie. Le prêtre, Jean-Marie Rauwel, au cours de son homélie, a souligné le caractère social, enjoué et taquin du jeune homme. 

« Théo, c’était le beau gosse », ose le prêtre. « Il était toujours prêt à rendre service. Mais sa vie a été courte. Trop courte. » Théo était « doué de ses mains », il avait choisi un « métier concret ». Mais il ne pourra jamais l’exercer. « Tu ne passeras jamais ton permis, alors que je te voyais au volant d’un bolide », s’adresse à lui, par la pensée, sa belle-sœur Laura, la seule à s’exprimer au nom de la famille. « Tu ne seras jamais papa, alors que tu étais un super tonton », poursuit-elle. « Tu étais un ami, un amoureux peut-être, un frère, un beau-frère… », sanglote-t-elle. Laura se souvient, les yeux rougis, quand le jeune garçon allait « demander une tablette de Crunch à la boulangerie d’en face » et qu’ils la « mangeaient ensemble ».

Photo AFP

Dans l’assistance, de nombreux anonymes qui ont participé aux battues citoyennes du mois de juin. Devant l’église, de nombreux motards, venus avec l’accord de la famille et répondant à l’appel lancé par le frère de Théo, Anthony, sur les réseaux sociaux. Isolés ou en moto-club, tous ont fait vrombir les moteurs en signe d’hommage.

La cérémonie s’est terminée par un autre hommage, chacun ayant été appelé à venir faire un dernier geste au pied du cercueil blanc du jeune homme, au son de Louane encore, mais aussi du « Tu vas me manquer » de Maître Gim’s.

Six mois d’enquête et de mobilisation

Dès que la disparition de Théo Hallez a été signalée, le 27 mai, la police de Lens a été saisie de l’enquête. Rapidement, en raison du caractère inquiétant de la disparition, la police judiciaire de Lille a repris la suite. De nombreuses fouilles dans le quartier où résidait Théo ont été entreprises. Une équipe cynophile a ratissé les lieux, conduisant les officiers de police jusqu’au parc de la Glissoire à Avion. Afin de sonder les étangs sur place, des équipes de plongeurs des sapeurs-pompiers ont été mobilisées.

À partir de la première quinzaine de juin, et jusqu’au mois d’août, de nombreux anonymes ont voulu se rendre utiles. De nombreux appels à venir fouiller les parcs et espaces boisés ont fleuri sur les réseaux sociaux. Toutes ces démarches n’ont rien donné. Le 22 octobre, une marche dans les rues de Lens a rassemblé une centaine de personnes.

Le 2 novembre, le corps du jeune homme a été retrouvé dans l’entrepôt désaffecté d’une ancienne boulangerie, rue Étienne-Dolet à Lens, à la suite de l’exploration des locaux par deux amis. Tout le monde a alors fait le rapprochement avec Théo : son téléphone portable avait été retrouvé sur les lieux. Une autopsie et des tests ADN ont été pratiqués. Le 13 novembre, la confirmation tombe : il s’agit bien de Théo Hallez. Les premières constatations ont laissé penser que la mort était conséquente à une chute accidentelle. Mais de nouveaux éléments révélés par le parquet de Béthune, le 21 novembre, ont orienté l’enquête sur la piste criminelle.

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