«Un miracle»: au lendemain du sauvetage d’un enfant de 12 ans resté enseveli près d’une heure sous une avalanche à La Plagne (Savoie), ceux qui l’ont secouru relèvent l’extraordinaire chance du jeune skieur, face aux risques pris.

Emporté par une coulée sur un secteur fermé de la station, dépourvu d’un détecteur de victimes d’avalanches (DVA), il a été retrouvé vivant et indemne, sans même la fracture de la jambe redoutée initialement.

«C’est un miracle. Au-delà de quinze minutes passées sous la neige, les chances de survie sont de 10%. Il a eu beaucoup de chance», souligne Luc Nicolino, responsable des pistes.

Le garçon était en compagnie de six proches lorsqu’il a été emporté, vers 13h55, par une grosse avalanche – jusqu’à 800 mètres de long et «plus de 4 mètres de profondeur» – qui s’est déclenchée «à son niveau», à 3000 mètres d’altitude.

Il a été extrait de la coulée à 14H53 par les secouristes du Peloton de gendarmerie de haute montagne (PGHM) de Courchevel, après qu’un chien de leur équipe cynophile eut «flairé et marqué» l’endroit.

Sur Twitter, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a félicité «Gétro et son maître-chien, l’adjudant Raphaël Chovin», qui ont localisé l’enfant.

«Il a été traîné sur plusieurs centaines de mètres sans être comprimé par les forces du manteau neigeux. Il n’a pas non plus inhalé de neige», relève le commandant du PGHM de Savoie Patrice Ribes, appelant à la prudence face aux conditions très inégales du manteau neigeux au-dessus de 2500 mètres.

«Il a eu la chance d’être resté en surface. Il n’était recouvert que d’une quarantaine de centimètres de neige lorsqu’il a été retrouvé. L’épaisseur de l’avalanche l’a amorti dans cette zone rocailleuse. Elle l’a sauvé», complète M. Nicolino.

Le jeune skieur, placé en observation au CHU de Grenoble, a aussi évité l’asphyxie grâce à la «mauvaise qualité» de la neige dont le «manque de cohésion» a permis la bonne circulation de l’air, selon les secours.

Risque d’avalanche «sous-estimé»

Une équipe de pisteurs de La Plagne, qui venait d’être déposée en hélicoptère sur un versant en face de l’avalanche, l’a vue se déclencher et a pu limiter ainsi la zone des recherches.

«L’hélicoptère a immédiatement redécollé pour poser un pisteur sur place. Les proches de l’enfant ont confirmé que lui seul avait été emporté et qu’il n’était pas équipé de DVA», précise M. Nicolino.

Une trentaine de personnes, pisteurs ou agents de remontées mécaniques, a été rapidement mobilisée pour sonder la neige, appuyée ensuite par des gendarmes du PGHM de Courchevel.

«Il était conscient lorsqu’il a été retrouvé car il a crié lorsqu’il a reçu le coup de sonde du gendarme. Il avait un tout petit peu de neige dans la bouche et des douleurs au genou et à la cuisse. Le médecin n’était pas inquiet pour lui», raconte M. Nicolino.

L’enfant évoluait au sein d’un groupe où figuraient son père, son frère, un oncle et des amis de sa famille: des Lyonnais vivant à Londres, habitués de la station et décrits comme «très bons skieurs», qui possèdent un chalet dans la région.

Selon le responsable des pistes, le télésiège qui permet l’accès à ce secteur hors-piste était fermé car les pentes «n’avaient pas encore été sécurisées et jalonnées pour l’hiver». Le groupe aurait dans un premier temps remonté la ligne du télésiège à pied, soit une «bonne centaine de mètres de dénivelé», puis chaussé les skis pour s’élancer dans la pente.

«On était en risque 3 sur une échelle de 5 à cette altitude. Dans la tête de beaucoup de skieurs, ce risque médian veut dire faible . Or, c’est à ce niveau qu’il y a le plus d’accidents d’avalanche. Il a clairement été sous-estimé», juge M. Nicolino. 

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