Tinder : Il rompt avec son amie connu sur l’application et se retrouve harcelé

En mettant un terme à une liaison née sur Tinder, Guillaume a été copieusement harcelé par son ex-petite amie. Avec en point d’orgue, un nombre faramineux de coups de fil.

« L’affaire Tinder », comme l’appelle Me Derambarsh, l’avocat des parties civiles, est inédite. Elle commence pourtant de façon banale : Guillaume, 43 ans, s’inscrit sur l’application de rencontres fin 2017, après son divorce. Il y fait la connaissance de Mme B., employée de banque. Deux mois plus tard, Guillaume met fin à cette liaison « de façon très violente », selon Me Limoux, l’avocate de la prévenue. Pour la justice, c’est pourtant bien Guillaume la victime.

Brune et vêtue de noir, son ex-petite amie était convoquée mercredi devant le tribunal correctionnel de Paris pour violence, violence sur mineure de moins de 15 ans, harcèlement et appels téléphoniques malveillants. Me Derambarsh évoque « plus de 20 000 coups de fil » passés par Mme B. au domicile de son client ou dans l’un des six salons de coiffure qu’il dirige. Depuis, il a dû en fermer deux : les employés qui avaient le malheur de décrocher se faisaient copieusement insulter. Photos et vidéos à l’appui, Guillaume nous montre qu’elle s’introduisait aussi dans son immeuble pour déverser des monceaux d’ordures. Lorsqu’il a porté plainte, les policiers l’avaient d’abord tourné en dérision.

En juillet 2018, sa fille de 13 ans ouvre la porte, et Mme B. l’aurait alors violemment frappée à l’épaule. Six mois plus tard, elle reste traumatisée : « Dès qu’elle entend du bruit sur le palier, elle a peur », raconte son père, forcé de déménager. N’osant même plus mettre son nom sur l’interphone, il a lui aussi été agressé par son ex-petite amie, qui l’a mordu et frappé au visage. Résultat : quatre jours d’arrêt de travail, et quinze de plus pour le traumatisme psychologique. « Un cauchemar », résume Guillaume.

Contrôle judiciaire alourdi

Mais le président du tribunal envisage de renvoyer l’affaire, faute de temps : « Comment pouvez-vous envisager que je traite ce dossier en quinze minutes ? » proteste-t-il. En attendant la décision des magistrats, Guillaume s’interroge : « Qu’est-ce que je vais dire à ma fille ce soir (NDLR : mercredi soir) ? Je devais lui dire que tout était terminé. »

Le procès est finalement renvoyé au 6 mars. Le tribunal alourdit les conditions du ­contrôle judiciaire de Mme B., avec l’interdiction de paraître dans le XXe arrondissement de Paris et d’entrer en contact avec les proches ou les salons de Guillaume. Et, elle est prévenue, au moindre écart, c’est la prison.

À cela s’ajoute la demande d’une expertise psychiatrique, mais Me Limoux reste « confiante ». Sa cliente est « partie en vrille », poussée par le besoin « d’obtenir une explication ». L’avocate demandera une relaxe partielle, ne reconnaissant que les violences sur le plaignant et les appels téléphoniques malveillants, qu’elle n’estime qu’à une dizaine par jour. « C’est une affaire très triste, au final », déplore-t-elle.

D’après LP

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