«Gilets jaunes»: Le calvaire des familles monoparentales en crise.

Depuis le début de la crise des « gilets jaunes », ils sont nombreux sur les ronds-points. Les mères ou les pères à la tête d’une famille monoparentale ont crié leur amertume face à un présent difficile et un horizon qui leur semble bouché. A l’instar d’Ibahia, mécanicien ouvrier qui vit seul avec sa fille de 12 ans, et qui a répondu à notre appel à témoins. « Je gagne 1.500 euros nets par mois et je paye 500 euros de loyer pour un T2 en bordure de Toulouse. Si j’obtenais un crédit immobilier, je ne pourrais acheter qu’un T1, donc nous restons là où nous sommes. Mes vacances à la montagne ne sont pas possibles et je ne peux pas m’acheter une voiture écolo trop chère. Alors ce n’est pas 100 euros de plus par mois qui suffiront », indique-t-il, en faisant allusion à la hausse de 100 euros par mois de la prime d’activité annoncée pour répondre à la mobilisation des « gilets jaunes ».

« La crise des gilets jaunes a rendu visible ces invisibles. Alors que les familles monoparentales vivent généralement repliées sur elles-mêmes, depuis un mois elles ont renoué avec une forme de socialisation et commencent à s’organiser », constate Pauline Leclère, responsable de campagne justice fiscale et inégalités chez Oxfam France. « Leur présence sur les barrages n’est pas étonnante car les familles monoparentales sont de plus en plus nombreuses et qu’elles ont subi une forme de paupérisation ces dernières années, liées à une augmentation de plusieurs de leurs postes de dépenses », observe aussi Maryse Bresson, professeure de sociologie à l’Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.

Des boulots souvent précaires, à temps partiel et mal payés

Une réalité prouvée par les chiffres de l’Insee : aujourd’hui, « sur les huit millions de familles avec enfants de moins de 18 ans, 1,8 million sont des familles monoparentales, soit 23 %. Cette part a fortement augmenté depuis 1990 où elle s’élevait à 12 % », précise l’ouvrage France portrait social 2018. Et ces familles sont particulièrement touchées par la pauvreté. Selon l’Insee, en 2016, 34,8 % des personnes vivant dans une famille monoparentale étaient pauvres, soit une proportion 2,5 fois plus élevée que dans l’ensemble de la population.

D’après 20 Minutes

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