Thonon-les-Bains : Il écope de 4 ans de prison pour inceste sur deux de ses fils

Accusé d’agression sexuelle sur deux jeunes enfants, un homme de 45 ans faisait face aux juges thononais. Niant une bonne partie des faits, il a été condamné à quatre années de prison ferme.

A son regard placide et son ton monocorde, rien ne laisserait présager qu’Eric. G ait commis l’irréparable.

Mardi 8 janvier, ce Thononais de 45 ans, de petite taille, cheveux courts et lunettes sur le nez, comparaissait devant le tribunal correctionnel de Thonon-les-Bains pour des faits d’inceste. Il aurait pratiqué des attouchements sexuels sur deux de ses fils, entre 2007 et 2012. Deux garçons aujourd’hui âgés de 13 et 15 ans. Membres d’une fratrie de six enfants, ils ont grandi entre la violence mêlée à l’alcoolisme du père et la passivité de la mère. De jeunes victimes qui ont préféré ne pas assister au jugement.

La lecture dossier par le président de l’audience Philippe Poitrineau fait froid dans le dos. «Les enfants ont donné plusieurs alertes depuis 2012. L’un de vos fils vous met en cause à cette époque et dit que vous lui avez touché le sexe. Quatre ans plus tard, son petit frère affirme que vous l’avez embrassé sur la bouche, le sexe et les fesses. » Et le plus jeune des deux frères insiste sur la répétition de l’acte. L’enfant va même jusqu’à évoquer un viol. «Non, c’est faux » rétorque aussi sec Eric. G. Le père de famille, en détention depuis 14 mois, nie une bonne partie des faits. Il reconnaît un seul attouchement sur chacun des deux garçons et également les avoir masturbés.

Et l’attitude en apparence détachée du prévenu sidère la substitute du procureur, Charlène Delmoitié. « L’un des deux garçons ainsi qu’un autre frère ont été mis en cause, eux aussi, dans des affaires d’inceste. Vous pensez vraiment que c’est parce que vous ne les avez touchés qu’une seule fois qu’ils reproduisent ce que vous faites ? » S’appuyant sur les conclusions de l’expertise psychiatrique qui confirme la fiabilité du témoignage des victimes, elle requiert une peine de quatre ans de prison ferme avec un maintien en détention, ainsi qu’un suivi socio-judiciaire de 5 ans.

Des excusesqui ne convainquent pas

Si le Thononais souhaite « demander pardon » à ses enfants, ses excuses sonnent creux aux oreilles de la partie civile. Maître Sylvie Correia, qui représente les victimes, a demandé qu’un préjudice à hauteur de 45 000 euros soit versé aux deux frères, insistant sur les conséquences provoquées par les actes du père. « L’un des deux enfants a dû se faire hospitaliser en psychiatrie », livre-t-elle.

Pour la défense, si Maître Anne-Sophie Pescheux a reconnu ne pas défendre Eric. G « de gaieté de cœur », elle a souligné que son client n’était pas le seul responsable du tort causé aux enfants, pointant du doigt le rôle joué par la mère de famille. L’avocate a également estimé qu’il fallait « tenir compte de la capacité de réinsertion de Monsieur», toujours employé dans un commerce malgré son incarcération.

Le tribunal a finalement suivi les réquisitions du Parquet en condamnant le Thononais à 4 ans de prison ferme ainsi qu’à un suivi socio-judiciaire de 5 ans. Il devra verser à l’union nationale des associations familiale, qui représente ses deux fils, la somme de 12 000 euros pour chaque enfant.

D’après Le messager

Laisser un commentaire