Le parquet de Bordeaux a annoncé qu’une enquête avait été ouverte après la diffusion mercredi soir d’un documentaire sur l’Aide sociale à l’enfance (ASE) en Gironde. Intitulé « Enfants placés, les sacrifiés de la République », ce film diffusé sur France 3, montre des scènes d’extrême violence de la part des enfants, auxquelles des éducateurs ou médiateurs répondent parfois par des menaces, voire des coups.

« Un reportage éprouvant, avec des séquences choquantes et insupportables », a reconnu le président du Conseil départemental de Gironde Jean-Luc Gleyze, jugeant « inadmissible la violence des adultes », dans ce foyer d’Eysines, près de Bordeaux.

Sitôt les faits connus après le visionnage en octobre par son entourage « d’une partie du documentaire », Jean-Luc Gleyze a expliqué avoir « réagi immédiatement » en saisissant la justice. L’enquête a été confiée à la direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ).

Pièces à conviction – Enfants placés : les sacrifiés de la République

Pièces à conviction s’est infiltré dans un foyer d’accueil d’urgence. Le constat est édifiant : les enfants baignent dans une très grande violence.

Jean-Luc Gleyze a également souligné « la difficulté que rencontrent aujourd’hui les structures, essentiellement liée aux problèmes de santé mentale et de psychiatrie dont relèvent à peu près 150 à 200 enfants en Gironde, et pour lesquels normalement, les services de l’État doivent intervenir ».

Le département pointe la responsabilité de l’Etat

« Nous, nous pouvons apporter l’accompagnement éducatif de ces enfants, a-t-il insisté, mais l’accompagnement sanitaire, c’est une compétence de l’État, et nous n’avons pas ces personnels-là, et les moyens ne sont pas là au niveau de l’État ».

L’exécutif départemental a par ailleurs « sanctionné immédiatement » l’éducateur et le médiateur externe reconnus dans les extraits visionnés en octobre, en ne renouvelant pas le contrat du premier, et en ne reprenant pas le second au sein du foyer d’Eysines, a précisé Jean-Luc Gleyze.

Et d’ajouter qu’après un « courrier d’alerte » en novembre 2018 à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, « une cellule d’urgence réunissant l’Agence régionale de Santé (ARS), la protection judiciaire de l’Enfance et le Département » a pu être mise en place le 12 décembre. Elle se réunira chaque mois.

Avec AFP

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