Photo non datée de Casanova Agamemnon, qui a passé la majorité de sa vie en prison. AFP

Photo non datée de Casanova Agamemnon, qui a passé la majorité de sa vie en prison. AFP

Casanova Agamemnon passera sûrement la Saint-Valentin en prison, mais le 19 février, il pourrait à nouveau connaître la sensation de la liberté. Le parquet de Saint-Denis a en effet donné lundi un avis favorable à la libération conditionnelle de celui qui est l’un des plus anciens détenus de France, Emprisonné à la Réunion, il a déjà passé 48 ans derrière les barreaux pour deux affaires de meurtre. Si sa demande de libération conditionnelle aboutit, il sera libéré quelques jours avant son 69e anniversaire.

L’examen du dossier à huis clos par la cour d’appel de Saint-Denis a duré plusieurs heures. Les magistrats rendront leur décision le 31 janvier ou le 7 février prochain. C’est la première fois que le Parquet ne s’oppose pas à la libération du prisonnier réunionnais. Casanova Agamemnon, 68 ans, a déjà déposé une vingtaine de demandes de mise en liberté conditionnelle. Elles ont toutes été refusées.

Ce détenu modèle selon les témoignages de gardiens obtenus par France Info, s’est même marié en prison en novembre 2017, avec la fille d’une cousine, tombée amoureuse de lui. Si Casanova Agamemnon est libéré, sa femme, restauratrice à Saint-Benoît (dans le nord-est de l’île), s’est engagée à le faire travailler bénévolement dans son établissement.

Le Réunionnais est, il est vrai, un des plus anciens détenus de France. Le plus ancien est Maurice Gateaux, 80 ans, incarcéré depuis avril 1965, et en suspension de peine pour raisons médicales depuis juillet 2016. En novembre 2018, Casanova Agamemnon avait failli être libéré. Le tribunal d’application des peines de Saint-Denis avait admis la demande de libération conditionnelle. Le processus avait été bloqué par un appel du Parquet.

Une première libération meurtrière

En 1969, âgé de 19 ans, il tue son patron à la suite d’une affaire de salaire impayé. Il est alors mineur, puisque la majorité était alors à l’époque à 21 ans. Il est condamné un an plus tard à la réclusion criminelle à perpétuité et purge sa peine en métropole. Placé en liberté conditionnelle au milieu de l’année 1985, il revient à La Réunion. C’est le choc, son île a bien changé. Ses parents sont décédés et il est persuadé que son frère aîné a fait main basse sur l’héritage familial. Les relations entre les deux hommes sont tendues. Début 1986, il abat son frère avant de prendre la fuite.

Pendant sa cavale, il menace de mort le procureur de la République et tente de tuer sa compagne, la soupçonnant de vouloir le dénoncer. Sa fuite, très médiatisée, avait suscité la peur d’une partie de la population et l’admiration d’une autre partie. Arrêté en mai 1986, il est jugé en 1988 et écope de 10 ans de réclusion avec une réactivation de sa perpétuité. De nouveau incarcéré en métropole, il obtient son transfert dans l’île en 2014.

Avec AFP

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