Accepter de témoigner lorsqu’on est victime d’un viol pas si simple dirons-nous, et encore plus lorsque la jeune fille qui a accepté de témoigner auprès de notre rédaction est une jeune adolescente de 16 ans bientôt 17 ans. Cette adolescente qui vit dans le 18 ème à Paris nous raconte son histoire.

Son calvaire, elle l’a enduré à deux reprises. La première était une tentative, un échec pour son bourreau, et la seconde a été la victoire que s’est octroyé cet homme. Ce “Gros pervers” pour lequel Chloé* ne peut sortir ces deux scènes de sa tête. Pour elle, l’année 2018 s’est achevé sur une note de colère contre cet homme. Le pire dans tout ça, c’est que dans sa jeunesse, Chloé était harcelée par des hommes de son collège. Alors le doute de l’homme, elle connait. Pire encore, cet homme, “ce gros dégueulasse”, et bien il est dans le même immeuble que cette jeune adolescente.

Petite fille fraîche comme les appellent les ados de nos jours… Mais cette petite fille, garde l’espoir qu’un jour, justice sera faite. Le chemin est encore long à parcourir avant de battre cet épisode où Chloé estime que sa première fois aurait pu être meilleur.

Être reconnue victime dans les yeux des gens qui nous aiment, c’est dur mais c’est important.

En Avril 2018, elle se retrouve bloquée, et séquestrée dans un local poubelle de l’immeuble et finie par échapper une première fois aux griffes de son agresseur. Comme par hasard, la jeune fille rentre de l’école, et le bourreau se rend au local pour aller vider sa poubelle. Mais Chloé* ne se laisse pas démonter: “Sors tes sales pattes de mon chemisier et bouge”…

Pour elle ce n’est qu’un mauvais moment à passer, mais elle trouve la force de s’échapper pour se réfugier chez ses parents. Faut-il ne rien dire, pour ne pas avoir honte? Oui c’est ce que se dira Chloé qui finalement s’est tue en rentrant.

“Avril j’y pense, chut … Mai, j’y pense, chut et les autres mois s’ensuivent…” J’ai peur… Je le croise, il me fixe avec son regard de pervers, et en plus il sourit à mes parents… Quel monstre !!!

Les jours passent et ne se ressemblent pas… plus j’avance, moins j’oublie, et plus je repasse par ce local qui est inévitable dans l’immeuble, plus j’ai cette haine…

Décembre arrive, et la jeune Chloé rentre tard, il fait nuit, c’est le début de l’hiver, et elle doit passer par ce local pour arriver plus vite chez elle. Elle passe par une porte, il arrive par une autre. A cet instant, l’adolescente ne peut échapper à son agresseur. Au même moment, les images d’avril tournent dans sa tête. Plus rien, un vide… Chloé se retrouve avec un pantalon baissé, et un homme sur elle, qui tout en prenant du plaisir à lui faire du mal, la menace de lui faire la peau, et de transformer sa vie d’adolescente en calvaire. Il menace même ces parents avec qui une procédure judiciaire est déjà ouverte contre lui. L’homme n’est pas qu’un agresseur de jeune fille, il l’est aussi avec les adultes verbalement et/ou physiquement.

“Je respirai plus, il soufflait sa perversion dégueulasse en signe d’oxygène… Mais rien y fait, mes muscles sont bloqués, mon corps est comme figé.”

L’homme fini par laisser Chloé dans ce local et à s’enfuir. Chloé rentre en larmes et finie dans sa chambre. Elle ne mange plus, elle présente des troubles alimentaires ne préoccupant sans plus ses parents. Elle est mal, mais ” Chut, il ne faut rien dire…” La nouvelle année arrive ne gâchons pas cet instant en famille…

Deux ou trois jours après, il revient un matin me faire la peau pour que j’entende bien que si je parle j’suis morte”… J’arrive à l’école, je suis en sang… Je me cache sous une capuche… Grillée, la CPE me surprend, me cuisine, et là je déballe tout, en larmes, paniquée… Mais quel bien fou que cela fait de se libérer enfin de ce terrible secret..

“J’apprends à penser à moi et à dire stop”

Depuis, ses parents ont appris cet odieux crime commis sur leur fille, et enfin ils épaulent Chloé.. Cette jeune adolescente attend que les forces de l’ordre viennent cueillir cet homme pour qu’enfin justice soit faite. Mais c’est long selon elle. En attendant elle le croise encore..

J’ai envie de crier haut et fort: “J’ai mal mais je me reconstruis.

Je n’ai pas peur des hommes. Maintenant, je vais bien, même dans ma vie d’adolescente.

Chloé a un nouveau compagnon. “L’agression, c’est la première chose que je lui ai dite et il a été génial, il m’a épaulé et m’a poussé à parler.” Ce n’est pas facile pour autant. Y’en a certains qui n’ont pas compris que je puisse continuer à vivre et avoir de nouveau une vie comme j’essaie de me construire aujourd’hui… Cela a été une claque terrible de voir combien il y a d’incompréhension et d’ignorance sur le sujet du viol. Aujourd’hui pourtant, je suis fière de moi. J’ai envie de crier haut et fort: “J’ai mal mais je me reconstruis.” J’ai besoin de montrer que l’on peut s’en sortir, même si je ne serai plus jamais la même.

  • Prénom d’emprunt à la demande de la victime.

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