Des mots des victimes, il a profité de son « aura » pour abuser sexuellement d’elles. Vincent Leroyer, champion de natation en 1977, a été condamné mercredi à douze ans de réclusion pour viols et agressions sexuelles entre 1986 et 1996 sur cinq jeunes hockeyeurs.

L’ancien champion, qui s’était reconverti manager du Rouen Hockey Club (RHC), a reconnu pendant les trois jours d’audience l’« extrême gravité des faits ». Tout en assurant « n’avoir pas encore d’explication rationnelle aujourd’hui ». L’ancien sportif sera également inscrit au FIJAISV, le fichier des auteurs d’infractions sexuelles et violentes. A l’énoncé du verdict, les cinq victimes parties civiles se sont embrassées.

« Une libido excitée par les enfants »

Plus tôt, l’avocate générale Martine Cazaban avait souligné « le profil manifestement inquiétant de l’accusé » et jugé « indispensable » qu’il ait « un suivi psychiatrique ». Comme l’avocat de la défense Etienne Noël, elle a regretté que la peine requise ne puisse être assortie d’une obligation de suivi socio-judiciaire, les faits jugés étant antérieurs à 1998.

« À qui a-t-on vraiment affaire ? […] à quelqu’un qui est un pédophile », a estimé la magistrate. Vincent Leroyer, « c’est quelqu’un qui avait manifestement une libido excitée par les enfants », « une constante dans sa personnalité ». « Il a attendu d’avoir l’épée judiciaire dans le dos pour aller voir un psychiatre ».

Des victimes entre addictions et vie affective chaotique

Se tournant vers les jurés, elle leur a demandé de « prendre en compte la personnalité » de l’accusé mais aussi « la multiplicité des victimes », les cinq parties civiles dans ce procès et « d’autres » pour lesquelles les faits sont prescrits. « Il faut aussi prendre en compte », a-t-elle poursuivi, « la multiplicité, la gravité des faits et leur pérennité sur plusieurs années ».

« On pourrait considérer que le temps a passé, mais il n’en est rien » ; pour les victimes, « les cicatrices ne sont pas refermées, le temps n’a pas eu cet effet d’apaisement, bien au contraire. Le temps n’a pas de prise sur la douleur des enfants », a dit la magistrate.

Mardi, les victimes, âgées de 6 à 14 ans au moment des faits, ont décrit le mode opératoire de ce « prédateur » qui jouait, selon elles, de son « aura » au club de hockey, pour « s’immiscer dans les familles ». Elles avaient aussi relaté leur vie détruite depuis les faits, entre addictions et vie affective chaotique.

« Une mère froide, autoritaire, qui le maltraitait »

Me Noël a reconnu « le préjudice terrible pour les victimes », avant de mettre en avant deux éléments dans l’enfance de l’accusé : « une mère froide, autoritaire, qui le maltraitait » jusqu’à se moquer de son « petit zizi », et les agressions sexuelles qu’il a subies de la part de son frère.

Une histoire personnelle pouvant expliquer, selon l’avocat, une « sexualité chaotique », « une vie intime absolument vide », en recherche de « la famille qu’il n’a pas eue ». Me Noël a aussi insisté sur la « reconnaissance complète des faits et du statut des victimes » de la part de son client. Une reconnaissance, selon lui, qui est « une garantie contre un risque de récidive ».

Avec AFP et LP

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