En voyage au Japon, Tiphaine Véron a mystérieusement disparu à l’été 2018. Ses proches dénoncent une lenteur de la police locale. Une enquête à retrouver sur RTL ce lundi dans « L’heure du crime ».

Elle n’a plus donné signe de vie depuis le 29 juillet. Six mois d’une quête éperdue menée par sa famille pour retrouver Tiphaine Véron, 36 ans, qui n’y ont rien changé : la jeune femme, auxiliaire de vie pour enfants handicapés dans une école de Poitiers (Vienne), s’est comme volatilisée.

De longue date, la Française était passionnée par le Japon. « L’un des seuls pays où elle se sentait de voyager seule », selon sa sœur, Sybille. Elle y avait atterri à Tokyo, le vendredi 27, pour un périple censé durer trois semaines. Moins de 48 heures plus tard, sa trace se perdait à Nikko, une ville touristique à 150 km au Nord de la capitale nippone.

Logée dans une auberge, Tiphaine l’a quittée le dimanche matin. Sur place, sa valise, son passeport ont notamment été retrouvés dans sa chambre. Rendues à la famille, ces quelques affaires sont aujourd’hui stockées dans l’appartement poitevin loué par Tiphaine, que sa famille n’a pu se résoudre à vider.

C’est que Sybille en a l’intime conviction : « c’est évident qu’elle est en vie, quelque part, et qu’il faut se dépêcher de la sauver. » Plus qu’un meurtre, ses proches ont ainsi la conviction qu’elle aurait pu avoir été enlevée. L’hypothèse d’un suicide ? « Elle se ravissait de ce voyage et était à une belle période de sa vie », martèlent ses proches. La piste, toujours privilégiée par les policiers japonais, d’un accident ? La famille Véron n’y croit plus, si tant est qu’elle y ait jamais cru.

« Il aurait fallu beaucoup de pas de chance », résume Me Emmanuelle Bernard, l’avocate de la famille. Une conviction renforcée par les vidéos tournées sur place par Damien, le frère de Tiphaine, qui avait une nouvelle fois fait le déplacement à Nikko mi-décembre. « Quand on voit la configuration des lieux, la probabilité d’une chute est très faible », estime ainsi Me Bernard.

Un temps, les Japonais ont invoqué le passage, la veille, d’un typhon. Mais les données hydrologiques montrent que ce jour-là, les eaux de la rivière qui aurait pu avoir englouti Tiphaine n’étaient guère plus hautes que d’habitude. « Dans tous les cas, complète Sybille, le corps aurait fini par être retrouvé, et ce d’autant plus que cette rivière est très canalisée, parsemée de nombreux barrages… »

La famille a interpellé le Premier ministre japonais

Désemparée, rongée par l’incertitude, la famille Véron se sent également abandonnée. Face à ce qu’elle considérait comme une inertie des autorités japonaises, elle avait manifesté à l’été son ras-le-bol. Mi-octobre, Sybille Véron avait profité de la venue en France du Premier ministre nippon, Shinzo Abe, pour l’interpeller publiquement alors qu’il se tenait aux côtés du président Macron.

Depuis, le contact a été établi avec les enquêteurs locaux de la Préfecture de Tochigi, en charge des investigations. La famille Véron sait aussi pouvoir compter sur les services de l’ambassade de France à Tokyo, ainsi que sur les membres de la communauté franco-japonaise installés dans l’archipel.

Pour le reste, « l’agacement monte », reconnaît pour sa part Me Emmanuelle Bernard. A mots choisis, l’avocate regrette que « les enquêteurs japonais n’aient pas mené ce que l’on considère, en France, comme les bases d’une enquête de police en pareil cas. » Me Bernard en veut pour preuve, par exemple, la perquisition de la chambre d’hôtel de Tiphaine, qu’elle avait quitté le dimanche dans la matinée. « Elle a fini par être diligentée, mais plusieurs semaines après la disparition ! »


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