Tours: une grand-mère condamnée à 30 ans de prison pour le meurtre de sa petite-fille

Selon son avocate, le jury est “resté sur la gravité des actes”. La cour d’assises d’Indre-et-Loire a condamné mercredi à 30 ans de réclusion Sylvie Jourdain, 56 ans, accusée d’avoir tué sa petite-fille de six mois dont elle avait la garde, en avril 2015.

L’avocate de la défense, Me Laëtitia Da Silva, a annoncé après le jugement que sa cliente “acceptait cette décision” et n’avait pas prévu de faire appel.

“Manon je l’aimais”

Le 20 avril 2015, Manon, âgée de six mois, avait été tuée à coups de couteau par sa grand-mère qui l’avait asphyxiée et assommée. Les enquêteurs avaient dénombré 32 plaies sur son corps. 

Voulant “aider et responsabiliser” sa mère dépressive, Céline Picot lui avait demandé pour la première fois de venir garder son bébé dans leur appartement du nord de Tours. “J’étais pas moi (…) Manon je l’aimais”, a tenté de dire la meurtrière qui a été longuement internée après les faits et continue de faire des séjours en hôpital psychiatrique.

Une altération du discernement

Dans son verdict, la cour qui siégeait depuis lundi à Tours a reconnu une altération du discernement de l’accusée, écartant une abolition, comme l’avait évoqué un expert. Un tel choix aurait sans doute amené la cour à imaginer une irresponsabilité pénale de l’accusée. “Au débat psychiatrique s’ajoute alors un débat judiciaire”, a affirmé dans sa plaidoirie Me Jacques Sieklucki, avocat des parties civiles.

Deux jours de débats n’ont pas permis d’éclairer la teneur de cet acte qualifié de “rarissime” par Roland Coutanceau, expert psychiatre interrogé en vidéoconférence.

Cheveux blancs, corps massif, visage fatigué, Sylvie Jourdain a nié toutes pensées et toutes violences prémonitoires avant son passage à l’acte. Aide-soignante à l’hôpital de la ville, elle souffrait d’une dépression qui ne semblait pas avoir été traitée.

Avec AFP

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