Qu’ils y croient ou pas, les parents d’élèves de l’école privée Eridan à Montpellier (Hérault) sont en tout cas sous le choc après le placement en garde à vue de la directrice pour mauvais traitements.

 C’est du délire ! Vous n’avez rien à faire ici ! » s’écrie une maman, furieuse de voir des journalistes devant l’école de ses enfants. Vendredi matin, l’école Eridan de Montpellier (Hérault), établissement bilingue privé, était sous tension à la suite de la révélation du placement en garde à vue de sa directrice. Âgée de 64 ans, elle a été entendue pour des soupçons de mauvais traitements envers plusieurs élèves.

Quatre plaintes ont été déposées. Une enquête est en cours depuis plusieurs mois. Un enfant aurait été forcé de manger son vomi à la cantine. Un autre obligé d’avaler des aliments malgré son allergie. À la piscine, certains enfants auraient été maintenus la tête sous l’eau…

Sur place, de nombreux parents d’élèves « tombent des nues ». Et demeurent même incrédules face à de tels actes, qui auraient pu être « déformés ou exagérés ». « Mes filles vont chaque jour à l’école avec le sourire, les enseignants sont fabuleux », assure Stéphanie. Depuis vendredi matin, elle n’a cessé d’échanger de nombreux messages avec d’autres parents d’élèves.

«La directrice est quelqu’un qui a du caractère»

Alexandre, parent d’élèves, est inquiet des conséquences de ces accusations : « Je suis très attristé par ce qui est dit, car tout se passe très bien avec mes filles, affirme le papa. Elles sont ravies depuis plusieurs années de leur école. L’équipe mène un super projet pédagogique avec les enfants. La directrice est quelqu’un qui a du caractère, avec peut-être une personnalité un peu clivante… Mais j’ai entièrement confiance en elle. Je veux lui apporter mon soutien car cet emballement médiatique va laisser des traces alors que c’est un très bel établissement. »

Fondée il y a 20 ans par sa dirigeante, Sylvie Gillet, cette école internationale, disposant d’un statut privé hors contrat, accueille environ 230 élèves, de la maternelle au collège. « Il est vrai que la directrice crie parfois très fort, mais nous sommes solidaires car nous formons tous une bonne équipe, il y a une très bonne ambiance entre les enseignants », témoigne une professeure, encore sous le coup de l’émotion.

Si la plupart des parents interrogés sur place, disent avoir « pleinement confiance » en l’établissement, en louant les « qualités de son enseignement », nombreux soulignent aussi le caractère affirmé, parfois défini comme « stricte mais juste », de Mme Gillet. « Elle veut que les enfants apprennent bien, que leur éducation ne soit pas laxiste », résume Alexandre. « Le rôle d’une directrice c’est aussi d’avoir de l’autorité », abonde Paulette, qui se dit également « surprise et sous le choc ».

Une autre maman, elle, n’est « pas du tout surprise ». Car « on sait que la directrice pète les plombs de temps en temps. Elle est assez dure et pratique des méthodes à l’ancienne ».

«Mon fils pouvait parfois se faire pipi dessus et rester ainsi toute la journée»

Venue chercher son petit-fils à la sortie de la maternelle, Josiane, demeure plus circonspecte. Et s’interroge : « On ne connaît pas le vrai du faux. Il faut attendre la fin de l’enquête, mais ça parait gros tout de même… On se pose toute sorte de questions : si c’est vrai, c’est inadmissible, mais si ça ne l’est pas, c’est aussi inadmissible de dire des choses pareilles. Alors que faut-il faire ? Continuer ? Changer d’école ? Ça vous retourne, c’est très bizarre… »

Pour Selena, la question ne se pose plus. La jeune femme, mère d’un enfant hyperactif, a quitté l’établissement l’an dernier, « mécontente du traitement » réservé à son fils. Comptant déposer plainte à son tour, elle affirme que celui-ci « a été poussé par la directrice et s’est ensuite retrouvé avec une bosse énorme sur la tête. La directrice le jetait d’une classe à l’autre car elle ne le supportait pas. C’était aussi interdit d’aller aux toilettes, mon fils pouvait parfois se faire pipi dessus et rester ainsi toute la journée… Beaucoup de parents savent des choses, mais ne parlent pas, tout comme les professeurs. La directrice voulait me virer de peur que je parle, mais je suis partie avant ! »

Sollicités, aucun représentant de l’établissement ni la directrice n’ont pour l’instant souhaité s’exprimer.

Avec LP

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