La cour d’assises du Finistère a condamné mercredi un père de 24 ans à dix ans de réclusion criminelle pour avoir secoué mortellement l’un de ses jumeaux de deux mois et pour des violences sur l’autre bébé.

Il a également été condamné à un suivi socio-judiciaire pendant cinq ans.

L’avocat général avait requis une peine de seize ans de réclusion criminelle à l’encontre de Quentin Gomez, 24 ans, qui a admis “un geste violent” envers l’un de ses jumeaux, mais nié les violences à l’encontre de l’autre. 

“Il pleurait, j’ai essayé de le calmer sauf que j’arrivais pas”, a-t-il raconté dans la matinée à propos de ce 27 octobre 2016 où il s’était retrouvé seul avec l’un des bébés au domicile familial à Brest. “J’ai essayé tout ce que je pouvais, ensuite je ne savais pas quoi faire”, a-t-il poursuivi, reconnaissant avoir fini par le secouer en le prenant sous les bras. Il avait ensuite appelé les secours en constatant que le nourrisson semblait inerte. 

La maman se trouvait à l’hôpital depuis la veille au soir avec l’autre bébé après avoir constaté un hématome au niveau du front apparu pendant la demi-heure où elle avait laissé les enfants avec leur père. Ce n’était pas le premier hématome qui était constaté sur le bébé.

Le jeune père, qui pouvait fumer jusqu’à vingt joints par jour, était accusé de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur l’un des jumeaux et de violences suivies d’une incapacité supérieure à huit jours sur son frère. Il encourait une peine de 20 ans.

Quentin Gomez, qui comparaissait depuis mardi détenu dans le cadre d’une autre affaire postérieure mais similaire, est apparu tour à tour distant, nerveux, se passant la main à plusieurs reprises sur le front, ou gêné. “Vous êtes capable de mentir y compris devant la cour”, s’est emporté mercredi matin l’avocat général, Bastien Diacono, à propos d’une de ses affirmations démentie par un témoin. 

Ce verdict constitue “une reconnaissance de la culpabilité pleine et entière de l’accusé”, a réagi auprès de l’AFP Bertrand Labat, avocat de la mère des jumeaux et de leur grand-mère maternelle.

La cour “a tenu compte de la toxicomanie très importante de l’accusé”, a jugé pour sa part Ronan Appéré, conseil de l’accusé, se félicitant qu’elle n’ait en revanche vraisemblablement pas tenu compte de l’affaire pour laquelle il comparaissait détenu. 

L’accusé a été mis en examen en octobre 2018 pour des violences, qu’il nie, sur le bébé né un mois plus tôt d’une nouvelle union. 

Avec AFP

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