MARNE: Un couple condamné à 3 mois avec sursis pour dénonciation calomnieuse d’un prêtre accusé de pédophilie

Le tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne a condamné mercredi à trois mois d’emprisonnement avec sursis et 500 euros d’amende chacun un couple de retraités marnais pour avoir faussement accusé un prêtre de pédophilie.

Jean-Louis Martin, 70 ans, et son épouse Marie-Jeanne, 74 ans, ont en outre été condamnés à verser un euro symbolique au père François-Jérôme Leroy, victime de leurs dénonciations. Il était alors responsable du Foyer de Charité de Baye (Marne), un village entre Epernay et Sézanne où vit le couple depuis 2013.

L’avocat du couple, Me Jean Chevais, a indiqué à l’AFP vouloir faire appel de ce jugement, dont le tribunal a ordonné l’affichage sur le tableau de la mairie de Baye pour une durée de deux mois à compter du 13 mars.

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur de la République Eric Virbel, pour qui la dénonciation calomnieuse ne faisait aucun doute.

“Les 24 témoins entendus ont tous dénoncé les accusations portées par le couple Martin, ce couple qui se dissimule derrière un pseudo-statut de lanceur d’alerte”, a-t-il lancé.

“Leur objectif était de chercher à démettre le père Leroy de ses fonctions”, a même affirmé, cité par le procureur, l’un de ces témoins aux enquêteurs. En cause, des problèmes de travaux dans leur maison qu’ils louent au Foyer de Charité. 

Pour l’avocat du couple, Me Chevais, les Martin sont au contraire des chrétiens pratiquants “de bonne foi” et “sans intention de nuire” qui, révulsés par le silence de l’Eglise catholique sur la pédophilie des prêtres, signalent des actes d’attouchements sexuels prétendûment commis sur quatre jeunes garçons par le père Leroy. “On a dit tout ce que l’on avait entendu”, assure Jean-Louis Martin.

Entendus comme témoins, ni Mgr François Touvet, évêque du diocèse de Châlons, ni le Père Pierre Vignon, prêtre lanceur d’alerte auteur de “Plus jamais ça” avec qui les époux Martin étaient entrés en contact, n’ont corroboré cette version d’un prêtre pédophile.

“C’est lui la vraie victime”, souligne son défenseur, décrivant un homme “sali” qui veut retrouver son honneur. L’affichage du jugement en mairie de Baye est pour lui un commencement.

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