Nancy : un ex-gendarme mis en examen pour complicité de viol sur des enfants

L’homme est soupçonné d’avoir payé un intermédiaire aux Philippines pour assister à des viols et agressions sexuelles sur des mineurs.

Il est soupçonné d’avoir commandé et visionné des scènes sordides qui se déroulaient à l’autre bout du monde. Un gendarme à la retraite a été mis en examen dans une affaire de pédophilie en ligne sur des jeunes philippins, annonce le parquet de Nancy (Meurthe-et-Moselle). Didier D., âgé de 56 ans, est soupçonné d’avoir commandé des agressions sexuelles et des viols sur des enfants pour une diffusion en direct sur Internet. Il est mis en examen pour des chefs de complicité de viol et d’agression sexuelle sur mineurs de 15 ans.

Tout commence quand les Philippines interpellent un « abuseur » d’enfants qui diffusait en ligne les scènes de viols et d’agressions sexuelles. En exploitant les données contenues sur le matériel informatique de cet homme, les enquêteurs de l’agence américaine Homeland Security Investigation ont croisé le chemin d’un ressortissant français qui aurait commandé plusieurs agressions commises aux Philippines entre 2 017 et 2 018 sur des jeunes de moins de 15 ans.

Une enquête préliminaire est ouverte et menée par les Français de l’Office Central pour la Répression des Violences aux Personnes (OCRVP).

Depuis la France, entre fin août et fin décembre 2017, Didier D. aurait négocié, via la messagerie Skype, les tarifs de prestations sexuelles à commettre sur des mineurs. Les enquêteurs ont mis la main sur des preuves de transferts d’argents où apparaissaient son nom et son prénom, ainsi que celui du bénéficiaire.

26 transactions en moins de deux ans

D’après un historique de paiements Paypal transmis aux enquêteurs Français, Didier D. aurait été à l’origine de 26 transactions entre janvier 2017 et octobre 2018 pour un montant total de 1 382 euros (53 euros en moyenne par paiement).

1 380 euros pour voir des vidéos

Le HSI était tombé sur la piste du Français après l’examen de «supports numériques et informatiques saisis» chez un suspect aux Philippines qui avait diffusé sur internet «des scènes d’agressions sexuelles et de viols de mineurs en “live streaming”», c’est-à-dire en direct. Cette pratique consiste à «diffuser en direct sur internet et de façon payante des vidéos d’abus sexuels, notamment sur des enfants (…) majoritairement pré-pubères», phénomène apparu en 2012 aux Philippines, indique le procureur.

Via des plateformes de discussions, et moyennant un paiement allant de «15 à 60 dollars», clients et fournisseurs choisissent le «profil» de la victime et conviennent d’un scénario d’agression. La vidéo est ensuite diffusée, soit préenregistrée, soit en direct afin de permettre au commanditaire d’influer en temps réel sur l’agression. L’ancien gendarme a notamment été confondu par des échanges internet entre août et décembre 2017 avec un interlocuteur dans lesquels il mentionnait notamment deux mineurs «dont l’un aurait subi une agression sexuelle et l’autre un viol».

Le HSI fait état de 26 transactions financières vers les Philippines, pour un montant total de 82 235 pesos philippins (environ 1 380 euros). L’ex-gendarme a reconnu le visionnage de vidéos dont la «grande majorité» mettait en scène des «spectacles» d’adultes, soutenant que «les faits concernant des mineurs ne portaient que sur très peu de transactions», a ajouté le procureur.

Placé en garde à vue lundi, le retraité « confirmait avoir visionné des shows à caractère pornographique filmés en direct. Il affirmait que les faits concernant des mineurs ne portaient que sur très peu de transactions, la grande majorité d’entre elles concernant selon lui des spectacles d’adultes », indique le procureur. Les enquêteurs se sont particulièrement intéressés à deux échanges Skype concernant deux mineurs : l’un aurait été violé, l’autre agressé sexuellement.

Didier D. a été mis en examen puis laissé libre sous contrôle judiciaire, malgré les réquisitions du parquet qui voulait le placer en détention provisoire.

Cette pédophilie à distance est pratiquée depuis 2012 aux Philippines. Ses victimes sont des enfants âgés de quelques mois à 10 ans, issues de milieux très défavorisés. Le commanditaire prend contact sur des messageries en ligne et fait sa demande : quel profil de victime, quel âge, quelle apparence, et surtout quels actes à perpétrer sur l’enfant. Certaines commandes, dont les tarifs vont de 15 à 60 dollars (13 à 52 euros) vont jusqu’à l’homicide.

Les agressions sont ensuite filmées et diffusées en direct, permettant à l’acheteur de donner des instructions à l’abuseur.

Avec AFP et LP et RD CAP

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