CHOC: Un centre de soins laisse une femme de 80 ans couchée sur un bureau en train de «s’étouffer avec sa salive»

Quand James Brown est allé visiter sa mère Esther dans un centre de soins pour personnes âgées, il a eu tout un choc, samedi. 

Sa mère de 80 ans avait de la difficulté à respirer et elle était en train de « s’étouffer avec sa salive » alors que le personnel l’avait laissée dans une position peu confortable. 

La vieille dame était assise dans son fauteuil roulant, la tête couchée sur un bureau. Cette scène surréaliste s’est passé au Altercare Noble Pond facilty à Canton, dans l’État de l’Ohio, aux États-Unis. Un oreiller avait été déposé sous sa tête comme si cela allait améliorer le confort de la femme!

Quand James a vu sa mère, il s’est mis à pleurer et il a lancé « C’est ma maman! ». Découragé, il a pris des photos parce qu’il était sûr que personne n’allait le croire qu’on puisse installer une dame âgée ainsi. 

James a ensuite tenté d’aller chercher du personnel du centre de soins pour replacer sa mère convenablement. Cela lui a pris une bonne dizaine de minutes avant de recevoir de l’aide. 

James Brown a publié les photos sur les réseaux sociaux et il a lancé un appel à toute la population qui connait une personne âgée en centre de soins d’aller la visiter. Ces visites surprises peuvent permettre de réaliser des négligences qui n’auraient pas été vues ou dénoncées autrement. 

Le centre Altercare Noble Pond facilty est réputé pour être l’un des meilleurs de la région. Un porte parole du centre de soins a déclaré que la femme de 80 ans était « bien », « confortable et en sécurité ». 

Outré, James Brown a décidé de porter plainte. Une enquête a été ouverte et se penchera sur de possibles cas d’abus ou de négligence au sein de l’établissement. 

C’est franchement horrible de voir comment certains centres traitent les gens qu’on aime. 

La maltraitance dans les EPHAD un sujet tabou ?

La maltraitance des personnes âgées est un problème aussi tabou que massif (15% des plus de 75 ans). Autour duquel la nouvelle ministre entend mobiliser.

Le sujet est moins anodin qu’il n’y paraît. Avec l’allongement de l’espérance de vie, qui est en France de 77,8 ans pour les hommes et de 84,5 ans pour les femmes, est apparue une nouvelle tranche d’âge entre l’âge mûr et le début de la vieillesse.

« L’apport de ma génération à la stimulation cognitive des personnes âgées va être Internet. Un vieux qui tweete ne vieillit pas », dit la ministre. Une tendance lourde au « non-vieillissement » qui perturbe encore plus l’appréhension du phénomène de la maltraitance envers les « vieux ».

600 000 victimes

Car qui est « vieux » ? Et à partir de quel moment devient-on un « vieux » vulnérable ? Les spécialistes parlent désormais de « vieillesses plurielles ». Mais l’association Alma France (Allô maltraitance des personnes âgées), subventionnée pour recevoir des appels téléphoniques sur cette question au numéro 39 77, continue de borner à 60 ans son public cible. C’est dire si le sujet, appelé à concerner de plus en plus de monde, est encore flou. « On en est au stade où se trouvait la maltraitance des enfants il y a quarante ans, c’est-à-dire nulle part », écrivait il y a peu une agence américaine, alors que le phénomène est pourtant mieux pris en compte outre-Atlantique.

Il est pourtant loin d’être marginal. Selon les chiffres publiés par Alma France, la maltraitance toucherait 5 % des personnes de plus de 65 ans et 15 % des plus de 75 ans, soit 600 000 personnes en France. Toujours selon Alma, 75 % des personnes maltraitées vivent dans leur propre logement, 17 % dans des institutions et 8 % chez un membre de leur famille.

Des chiffres tirés des appels reçus par Alma (18 000 en 2011) qui ne sont que la partie émergée de l’iceberg. La répartition des catégories de maltraitance s’établit comme suit : 25 % de négligences, 18 % de maltraitances psychologiques, 14 % de maltraitances financières, 11 % de maltraitances physiques, 7 % de maltraitances civiques et 6 % de maltraitances médicales. Le profil des victimes est à 62 % féminin, à 67 % de plus de 80 ans et souffrant de dépendance physique ou psychologique plus ou moins lourde.

Les petits faits

Cela étant posé, comment aller plus loin ? Depuis une dizaine d’années, le voile s’est peu à peu levé. Des « codes de bientraitance » ont été établis, des embryons de contrôles ont été mis en place, souvent à l’interface des associations et des Conseils généraux. Et des médiations ont été essayées en direction des familles et des établissements. Autant de petits pas très en deçà de la réalité d’un phénomène protéiforme concernant une population de plus en plus massive. « Au-delà des maltraitances “pénales”, il existe un immense domaine où de petits faits, où quelques mots, où l’absence de politesse, où quelque indifférence, s’ils attentent au sentiment de la personne vulnérable d’être respectée, reconnue, entendue, peuvent devenir des maltraitances », résume Jérôme Pellissier, auteur de « La Guerre des âges », dans le rapport de l’Alma. Un sujet où tout un chacun peut se mettre en scène.

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