Nordahl Lelandais: des familles de disparus poussent un “coup de colère”

Quatre familles de disparus sur les 29 recensés dans les Alpes : Dalila Boutvillain, Lauriane Lopez, Régis Pique et Marie-Christine Balmain © Radio France - Véronique Pueyo

Après la mise en examen de Nordahl Lelandais pour le meurtre de Maëlys et d’Arthur Noyer, la cellule Ariane avait été crée en janvier 2018 afin de déterminer si l’ancien maître-chien pouvait être impliqué dans d’autres affaires criminelles.

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Des familles de disparus ont poussé mercredi à Lyon un “coup de colère”, déplorant ne pas savoir si leur dossier fait partie ou non de la “quarantaine” pouvant avoir un lien avec Nordahl Lelandais, selon l’avocat Me Bernard Boulloud.

Quatre de ces familles étaient présentes lors de cette conférence de presse. Régis Pique, Marie-Christine Balmain, Lauriane Lopez et Dalila Boutvillain font partie de l’association Assistance et recherche de personnes disparues.

“L’intervention du général Lecouffe, c’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase”, a fustigé à l’issue d’une conférence de presse Me Boulloud, conseil de six familles de disparus. 

Une cellule créée en janvier 2018

Le sous-directeur de la police judiciaire de la Gendarmerie nationale, Jean-Philippe Lecouffe avait annoncé le 18 février que la cellule “Ariane” avait dégagé une liste d’une “quarantaine” d’affaires dans lesquelles la piste de Nordahl Lelandais pouvait être envisagée. 

Cette cellule spécialisée a été créée en janvier 2018 pour effectuer des recoupements entre le “parcours de vie” de Nordahl Lelandais et quelque 900 dossiers de disparitions ou de crimes non élucidés dans une vingtaine de départements.

Nordhal Lelandais est mis en cause notamment pour l’enlèvement et le meurtre de la petite Maëlys à Pont-de-Beauvoisin (Isère) en août 2017 lors d’une fête de mariage, et pour la disparition et l’assassinat du caporal Arthur Noyer, en avril 2017 après une soirée dans le centre de Chambéry.

Les familles non-informées

“On ne sait pas qui sont les quarante dossiers sélectionnés, les services judiciaires n’informent pas les familles”, a regretté l’avocat, pointant du doigt la “déshumanisation” de la justice.

“Si cette porte (Nordahl Lelandais) est fermée, on en prendra acte mais on ne sait rien, on est dans l’expectative, la douleur et moi, comme avocat, je fais le tampon”, a estimé Me Boulloud, qui défend notamment les parents d’Arthur Noyer.

Dalila Boutvillain renchérit : “Si on était des gens connus, cela ne se passerait pas comme cela. On y mettrait les moyens. Mais nous, on est des gens simples et même si le dossier de mon frère a été rouvert l’an dernier, il est vide comme en 2012 !”

Selon les gendarmes, parmi la quarantaine de dossiers évoqués, une “majorité” sont des disparitions inquiétantes, “moins d’une dizaine” concernent des mineurs et beaucoup se situent “dans la région Rhône-Alpes, sans que cela soit exclusif”.

Pour le vice-président de la région Auvergne-Rhône-Alpes de l’association Assistance Recherche de Personnes Disparues (ARPD), Philippe Folletet, cette absence d’information des proches “pose la question de la prise en compte des familles, qui ne sont pas considérées commes des victimes par les services de police et de gendarmerie”.

« JUSTE DIRE AUX FAMILLES OUI OU NON »

Ancien commissaire à Saint-Etienne, Bernard Valezy est le vice-président de de l’ARPD (Assistance et Recherche de Personnes disparues). Il fera entendre la voix des familles lors du débat qui suivra la diffusion du magazine de M6, jeudi soir.

«Dans l’affaire Lelandais, on sait depuis un mois que la cellule de recherche Ariane (gendarmerie) a transmis 40 dossiers sur les 900 examinés. La moindre des choses maintenant, c’est de dire aux familles si oui ou non, il s’agit de leur affaire. Ce n’est pas compliqué… »

Savoir ce qui est arrivé à leur fils… C’est le combat de Marie-France et Salvatore Fiorello depuis le matin du 6 octobre 2010.

Ce jour-là, leur fils Adrien, alors âgé de 22 ans, est parti du domicile familial à Firminy pour la faculté de droit à Saint-Etienne. Il n’est jamais revenu. Son portable a borné pour la dernière fois, le même jour à 17 h 37, près de la gare de Chambéry.

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