Patricia bouchon avait disparu pendant son jogging en 2011./ Photo AFP

La cour d’assises de Haute-Garonne jugera à partir de ce jeudi Laurent Dejean, l’homme accusé du meurtre de Patricia Bouchon, un matin de février 2011 à Bouloc, au nord de Toulouse.

Il y a huit ans, Patricia Bouchon disparaissait à Bouloc (Haute-Garonne) le 14 février 2011. Partie faire son jogging à 4h30 du matin dans cette commune au Nord de Toulouse, cette secrétaire de 49 ans ne rentrera jamais à son domicile où l’attend son époux, Christian. La France entière s’était émue de la disparition de celle que l’on avait surnommée « la joggeuse de Bouloc ».

Sept semaines plus tard, le corps de cette mère de famille est retrouvé, flottant dans un fossé à Villematier, à 14 km de Bouloc. La quadragénaire a le crâne fracassé et les vertèbres brisées. Après trois ans d’enquête, Laurent Dejean est interpellé et mis en examen pour homicide volontaire en février 2015. Unique suspect qui a toujours nié les faits, cet ancien plaquiste de 39 ans résidant à Bouloc comparait ce jeudi et jusqu’au 29 mars devant la cour d’assises de Haute-Garonne.

Un procès qui permettra peut-être de lever le voile sur les nombreuses zones d’ombre de cette affaire. C’est le témoignage décisif d’un automobiliste, croisant le matin de cette funeste Saint-Valentin Patricia Bouchon, qui a orienté l’enquête vers Laurent Dejean. Quelques secondes après la joggeuse, ce livreur évite de justesse une Clio phares éteints, au milieu de la route. Le conducteur démarre mais le livreur a pu apercevoir son visage. Le portrait-robot d’un homme à la barbe naissante et portant un bonnet noir est alors établi par les gendarmes et diffusé dans la presse. Une trentaine de personnes vont alors être frappées par la ressemblance avec Laurent Dejean.

Non-lieu requis en janvier 2018

Ce trentenaire, déclaré psychotique et gros consommateur de cannabis, possède une Clio mais réfute en être le propriétaire. Selon l’enquête, il s’en serait débarrassé quelques jours après la disparition de Patricia Bouchon. Autre élément troublant : le suspect a été hospitalisé en psychiatrie après la disparition de la joggeuse et pouvait connaître des accès de violence.

« Nous sommes dans l’attente de connaître enfin la vérité et peut-être des aveux, assure Me Stéphane Juillard, l’un des avocats de la famille Bouchon. Il y a beaucoup de contradictions dans les propos de l’accusé donc il va falloir qu’il s’explique. Certes, il n’y a pas de preuves ADN. Mais au vu des charges, nous sommes convaincus de sa culpabilité ».

De son côté, la défense de Laurent Dejean pointe l’erreur judiciaire. En janvier 2018, le parquet avait d’ailleurs requis un non-lieu dans cette affaire, faute d’éléments suffisants mais la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse a quand même décidé la tenue d’un procès. Pourtant, l’avocat général de la cour d’assises de Haute-Garonne pourrait demander ce jeudi l’acquittement de l’accusé lors du procès d’assises.

Pour Me Guy Debuisson qui défend Laurent Dejean, il n’y a pas de preuves dans ce dossier. « La victime a été tuée dans des conditions de violences inouïes puisqu’on a retrouvé des traces de sang sur 100 m, une boucle d’oreille et des cheveux ont été arrachés, rappelle Guy Debuisson. On a retrouvé sur la victime un ADN mais ce n’est pas celui de Laurent Dejean ! Ensuite, on a parlé d’un véhicule mais on n’a pas prouvé le rapport entre ce véhicule et la mort de Patricia Bouchon. Après quatre années de détention, mon client est actuellement hospitalisé pour décompensation mais il fera tout pour être présent au procès et prouver son innocence. » Laurent Dejean encourt trente ans de réclusion criminelle.

D’après LP

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