Quimper-Guézennec: Une fillette ébouillantée, la mère en prison pour privation de soins

En novembre, dans une commune des Côtes-d’Armor, il avait plongé une enfant de 5 ans dans une eau bouillante. La mère est, elle aussi en détention provisoire, pour ne pas avoir protégé la fillette.

PHOTO CLAUDE PRIGENT / LE TELEGRAMME. MORLAIX (29) : Drapeau breton .

En novembre, dans une commune des Côtes-d’Armor, il avait plongé une enfant de 5 ans dans une eau bouillante. La mère est, elle aussi en détention provisoire, pour ne pas avoir protégé la fillette.

La mère d’une fillette de 5 ans, ébouillantée par son conjoint, restera en détention provisoire pour “privation de soins”. Le beau-père de la fillette l’avait plongé dans un bain à 69° pour la punir. La mère avait caché les faits, faisant passer cela pour un accident.

La chambre de l’instruction de Rennes à décidé de maintenir en détention provisoire la mère d’une petite-fille de 5 ans, brûlée au troisième degré par son beau-père dans la maison familiale de Quemper-Guézennec. Pour couvrir son conjoint, la maman avait attendu deux jours avant d’amener sa fille aux urgences.

La mère de 25 ans, était pourtant absente au moment des faits, le 12 novembre 2018, quand le drame a eu lieu. Son conjoint, âgé de 23 ans, était seule avec la petite fille de 5 ans, née d’une première union de la maman. Il aurait plongé l’enfant dans un bain brûlant pour la punir. Ce dernier était régulièrement violent envers la fillette. La jeune mère a même avoué donner des fessées à sa fille “ pour que ce ne soit pas lui qui le fasse“.

Le couple ligote la petite fille

La mère ne croit pas vraiment à la version donnée. Mais elle ne conduit pas sa fille au centre hospitalier comme elle aurait dû le faire. Elle se contente d’aller acheter des compresses à la pharmacie. Pour empêcher que la fillette se gratte les brûlures, la couple lui ligote les mains. Cette situation va durer deux jours.

Le 14 novembre, la mère se décide enfin devant la gravité des blessures à prendre le chemin de l’hôpital. C’est là que le signalement est fait au parquet de Saint-Brieuc qui déclenche une enquête. D’emblée, les médecins ont vu que les brûlures ne sont pas compatibles avec la version du compagnon.

Les deux amants sont placés en garde à vue. Dans les premières heures, la mère s’accuse des brûlures. Mais les gendarmes se rendent comptent qu’elle ne peut pas être l’auteure des blessures. Son téléphone bornait à plusieurs kilomètres du domicile familial au moment des faits.

Le concubin, déjà condamné pour violence, finit par reconnaître les faits en disant que ce n’était pas volontaire. Les enquêteurs et le parquet ne sont pas convaincus par ses déclarations. Ils pensent plutôt que le suspect a voulu une nouvelle fois punir l’enfant comme il avait pris l’habitude de le faire.

Elle est rongée par la honte d’avoir protégé cet homme plutôt que sa fille, poursuit Me Le Mintier. Son enfant est aujourd’hui placé chez ses grands-parents, dans le Nord de la France“. La chambre de l’instruction a rejeté la demande de mise en liberté de la maman.

À l’issue de son audition, le concubin violent a été mis en examen pour blessures volontaires ayant entraîné une infirmité permanente, un crime qui le fait encourir 15 ans de réclusion.

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