Le pape a refusé la démission du cardinal français Philippe Barbarin, invoquant la “présomption d’innocence”. C’est le prélat lui-même qui a fait cette annonce mardi. Le cardinal avait été condamné à six mois de prison avec sursis pour non dénonciation des abus sexuels d’un prêtre.

“Lundi matin, j’ai remis ma mission entre les mains du Saint-Père. En invoquant la présomption d’innocence, il n’a pas voulu accepter cette démission,” a annoncé Monseigneur Barbarin.

Certains observateurs avaient émis l’hypothèse lundi que le pape François allait probablement se donner plusieurs semaines avant d’accepter ou non cette démission.

Une “suggestion” du pape

Philippe Barbarin, 68 ans, reste donc archevêque de Lyon – et, par conséquent, le plus haut dignitaire catholique français – mais se mettra “quelque temps en retrait,” laissant la conduite des affaires courantes à l’actuel vicaire général modérateur Yves Baumgarten.

Une “suggestion” du pape “et parce que l’Église de Lyon souffre depuis” qu’a éclaté voici trois ans le scandale de pédophilie du diocèse de Lyon.

“Conscient, cependant, des difficultés que connaît actuellement l’archidiocèse, le Saint-Père a laissé le cardinal Barbarin libre de prendre la décision la plus appropriée pour son diocèse,” ajoute le communiqué du prélat.

La Conférence des évêques a annoncé “s’étonner” de la situation “inédite” du cardinal Barbarin (lire encadré).

Un procès symbolique

A l’issue d’un procès devenu symbole de la crise de l’Eglise face aux actes pédophiles, il a été condamné le 7 mars à six mois de prison avec sursis pour ne pas avoir dénoncé à la justice les agressions pédophiles imputées par des scouts au père Bernard Preynat dans les années 1980 et1990 et dont il avait été informé par une victime en 2014.

Les avocats de Philippe Barbarin ont fait appel et il faudra donc attendre le jugement de ce second procès pour connaître le sort définitif du prélat.

Le pape, un proche du cardinal

Réputé proche de Monseigneur Barbarin, le pape argentin a longtemps pris personnellement la défense du cardinal français.

Lorsque l’affaire avait éclaté en 2016, il avait déjà rejeté une démission du prélat, jugeant qu’elle serait “un contresens, une imprudence,” avant l’issue de son procès.

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